Jules Perrin

Résumé

Jules Perrin Le reposoir : poèmes (1937)

« Ennui de naître » ...
Ou bien, ou bien aussi, Sur un ciel éclairci,
L'espoir qui doute
S'envolant un beau jour A tire-d'aile pour
S'éteindre en route,
L'espoir, enchantement, Charme, philtre qui ment Au cœur trop tendre ;
Présent sitôt passé Qui n'a point compensé L'ennui d'attendre ;
Décor neuf, frais décor Qu'on ne voit pas encor, De tout à l'heure, Paysage attendu Puis fruste, puis perdu Et que l'on pleure ;
Dites-moi si cela
Ne fait pas toute la
Vie où nous sommes,
Si du lange au linceul Ce n'est point là le seul
Bonheur des hommes.
Source : Gallica

Jules Perrin Le reposoir : poèmes (1937)

Beaux yeux chargés d'amour, yeux noirs pleins de langueur Votre cher souvenir en mon âme persiste Et je ne saurais dire, ô mystères du cœur !
Si mon âme en est gaie ou triste.
Êtes-vous ceux au fond desquels on a parfois,
Rêvé de se plonger comme en les étangs calmes,
Yeux remplis de fraîcheur où l'on goûte à la fois L'espérance et l'ombre des palmes?
Êtes-vous ceux rêvés dans l'ombre de mes nuits,
Dont l'espoir a vaincu mille vicissitudes,
Yeux remplis de fraîcheur, profonds comme des puits, Entrevus dans mes solitudes.
... Mais non !
Source : Gallica

Jules Perrin Le reposoir : poèmes (1937)

Je vis d'un tel amour pour de frivoles choses Que je m'essore par-delà ce froid décor :
Rien qu'à cette pensée : « Ici furent les roses », Je me prends d'espérer les respirer encor.
Quel amour plus puissant versera dans nos âmes La même certitude et ce vivant espoir?
A quelle passion dont s'éteignent les flammes Peut-on dire d'un cœur aussi ferme : Au revoir ?
LUNATIQUE
Lune d'hiver, lune d'été Tant vaut l'autre, tant vaut l'une, Les pays où je n'ai pas été Je veux les voir au clair de lune, Lune d'hiver, lune d'été.
Source : Gallica

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