Résumé

Poésies d'une femme (1830)

Il ne m'a rien laissé qu'une douleur muette, Qu'un mal sans nom et sans douceur; Je n'espère plus rien, je ne sens plus mon cœur; A peine encor si je regrette Ces souvenirs qui semblaient du bonheur!
J'ai gagné seulement la triste expérience, Qu'un amour éternel ne saurait exister; Je ne peux me fier à la folle espérance D'un bien que j'ai connu, qui vient de me quitter.
Mais que faire à présent de ma vie inutile?
Et comment dépenser mes jours?
Le temps va courir immobile,
Et rien pour moi ne marquera son cours, Que ma beauté que je verrai fanée , Que l'ennui, le dépit.
Source : Gallica

Poésies d'une femme (1830)

Un même sentiment vous trouble, vous inspire; Par les mêmes désirs le cœur est animé, Et l'ame est confondue alors, pour ainsi dire, Avec celle de l'être aimé.
Leurs regards se portaient sur la mer agitée Pleins d'un espoir pieux, d'une sainte terreur; Et la vague à leurs pieds était précipitée Sur le rocher où vient expirer sa fureur; Mais, sortant tout-à-coup de cette longue extase, Penchant sa tête nue et, riant à demi,
De pleurs elle a mouillé le sein de son ami : « Ah! laisse-moi pleurer, tant de bonheur m'écrase; » Il me tue, il est prêt de me faire souffrir
Source : Gallica

Poésies d'une femme (1830)

Elle ne peut durer, je me sens trop heureuse : » Maintenant, je voudrais mourir ! »
« -Mourir! eh, quoi ! mourir! toi si jeune et si belle, » Toi que j'aime au-delà de l'univers entier !
» Non, tu ne mourras point; je suis allé prier; » Oui, j'ai prié pour toi dans la sainte chapelle.
» Vois ce ciel nuagé d'or, de pourpre et d'azur; » C'est comme notre vie, il est riant comme elle. »
Et, calmant les frayeurs de l'épouse nouvelle, Il la pressait plus fort sur son cœur noble et pur.
Source : Gallica

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