Résumé

Léon Lorrain Les fleurs poétiques, simples bluettes

Je l’aime, cette fleur aux attraits si touchants,
Dont le chimiste extrait un si suave arôme !...
Elle pare des grands les salons qu’elle embaume,
Et, modeste, elle sied à la fille des champs !
La rose, qu’elle soit jaune, blanche, écarlate,
Violette, lilas, pourpre, marron, carmin ;
Qu’un riche vermillon à sa corolle éclate,
Ou qu’elle ait le reflet velouté du jasmin ;
Qu’on l’appelle pompon, capucine ou trémière,
Et quel qu’en soit le genre ou la variété, —
Perle d’or ou coquette, aurore ou printanière, —
La rose est un emblème unique de beauté,
De candeur et d’amour.
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Léon Lorrain Les fleurs poétiques, simples bluettes

Au cœur désabusé qui délaisse la terre
Et tous ses vains plaisirs !
L’âme sourit alors, et, méprisant les chaînes
Que tendait sur ses pas la fausse volupté,
Elle dit ses regrets sur les choses mondaines
Et sur leur vanité !
Elle s’élance au ciel, palpitante et joyeuse ;
Elle mêle sa voix à ces pieux accents
Qu’emporte vers les cieux la brise harmonieuse,
Soupirs attendrissants !
Dans cet isolement, la vie est moins amère ;
L’horizon de notre âme est parsemé d’azur ;
Le soleil est plus doux, L’onde paraît plus claire,
Le firmament plus pur !...
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Léon Lorrain Les fleurs poétiques, simples bluettes

Léger, fugitif, passant comme l’onde,
Fécond en regrets, ne durant qu’un jour,
Ne laissant au cœur que fiel, qu’amertume ?
L’amour grand et vrai ne s’affaiblit pas,
Et, sublime, il vit après le trépas.
Aux rayons divins pur il se rallume,
Brille comme un astre et ne s’éteint plus...
la rose
Oui, je suis mondaine ;
Mais de mon domaine
Les pleurs sont exclus ;
Jamais de tristesse !
À moi la jeunesse,
L’amour, la gaîté,
La félicité !
l’immortelle
Tu flattes les sens, je console l’âme
En deuil, où je veise un bien doux dictame,
Où je fais reluire un rayon d’espoir.
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