Ryno

Définition et enjeux

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly,  Une vieille maîtresse (1851)

“ « Ce n’est pas moi, Ryno ; c’est le sort, c’est le sang ! » reprit-elle lentement, obstinée, aveugle, et avec des intonations si pleines de sa belle voix de contralto, qu’elle réapparut à Ryno — comme aux premiers jours de leur jeunesse — une créature mystérieuse, surnaturelle, ayant de l’ombre dans la voix comme elle en avait dans le regard et sur la lèvre ; provocante par ces ombres mêmes, agaçante comme l’Androgyne d’une volupté qui n’a pas de nom. ”
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly,  Une vieille maîtresse (1851)

“ Elle ne voulait mourir que de la main de Ryno.
Ryno la connaissait. Il eut peur pour elle. Il la vit pencher en arrière... aussi se jeta-t-il en avant et, la saisissant par le corsage, l’enleva-t-il d’entre les créneaux et la rapporta-t-il au centre de la plate-forme, comme un enfant que sa mère palpitante arrache à la margelle d’un puits. Elle était heureuse du danger qu’elle venait de courir, car elle avait voulu les bras de Ryno autour d’elle, et maintenant elle les avait.
”
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly,  Une vieille maîtresse (1851)

“ La pensée qu’on ne dit pas, cette petite tache noire dont les plus saines et les plus fortes intimités peuvent mourir, commençait à marbrer de teintes putrides ce bonheur, zeste amer et brûlant du fruit qu’ils avaient dévoré. Cette pensée fixe et pourtant mobile, la présence éternelle de Ryno ne la bannissait pas. Près de lui, Hermangarde la sentait circuler dans ses veines, briller dans ses yeux, mourir sur ses lèvres, faire plusieurs fois le tour de son être, comme le sang chassé par le cœur qui revient au cœur. Ryno le voyait bien. ”
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