Jules Barbey d’Aurevilly,
Une vieille maîtresse
(1851)
“ Le passé, ce dieu de ma vie, m’a pris à poignées les entrailles de mon être et ne les lâche plus ! Voilà pourquoi je suis venu, Vellini. J’ai ouï dire que, dans les batailles, quand les chevaux de noble race sont légèrement blessés au poitrail par les baïonnettes, un incompréhensible attrait de douleur les pousse à se précipiter plus avant sur les dards coupants où leur sang coule, et à s’enferrer jusqu’au cœur. Un mouvement pareil me pousse à toi, Vellini, depuis le jour où je t’ai revue. Tous nos souvenirs dormaient en moi sous les souffles placides et tout-puissants d’Hermangarde. ”
