Jean Moréas

Jean Moréas

Résumé

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Iphigénie

Qu’on répande mon sang ; la terre de Phrygie
de ce sang virginal sera bientôt rougie ;
et partout l’on verra nos guerriers triomphants.
Ce sera mon hymen, mon époux, mes enfants.
LE CHŒUR
que ton âme est bien née,
fille d’Agamemnon, tu n’as pas mérité
ta fausse destinée,
et qu’Artémis pour toi montre de cruauté !
ACHILLE
ô sang de tant de rois, ô généreuse fille,
la Grèce est fortunée en possédant ton cœur
si les dieux t’avaient fait entrer dans ma famille,
j’en aurais le présent du plus rare bonheur.
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Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Iphigénie

LE VIEILLARD
que ne ferais-je pas pour toi, pour tes enfants ?
CLYTEMNESTRE
vieillard, tu m’as toujours fidèlement servie.
LE VIEILLARD
certes, pour ton époux je donnerais ma vie,
mais je le trahirais pour ton bien sans regret.
CLYTEMNESTRE
vieillard, ne tardons plus, découvre ton secret.
LE VIEILLARD
j’annonce des forfaits le plus abominable :
l’Atride va tuer sa fille de sa main.
ACHILLE
n’es-tu pas insensé, vieillard ? Est-il croyable
qu’Agamemnon médite un forfait inhumain ?
LE VIEILLARD
avant que le soleil du ciel ne se retire,
le glaive aura percé le cou de son enfant.
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Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Iphigénie

MÉNÉLAS
il faut qu’auparavant
le camp en soit instruit et que la Grèce entière
de tes secrets complots apprenne la matière.
Je veux te désoler.
AGAMEMNON
vit-on jamais, grands dieux,
de pareille impudence excès plus odieux !
MÉNÉLAS
ainsi donc, dans Argos demeura ta fille ?
AGAMEMNON
que me laisses-tu gouverner ma famille ?
MÉNÉLAS
tu changes à tout coup ; ton esprit agité
comme la paille au vent n’a plus rien d’arrêté.
AGAMEMNON
ah ! Parmi les fléaux il n’en est point de pire,
mon frère, qu’une langue exercée à médire.
MÉNÉLAS
un esprit indécis cause de plus grands maux
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