“ Renvoyons l’armée, quittons Aulis. Et toi, mon frère, cesse de mouiller tes yeux de larmes, et de faire ainsi couler les miennes. Si les oracles me donnent quelque droit sur ta fille, j’y renonce, je te l’abandonne. On dira que j’avais de cruelles pensées, et que j’en ai de toutes différentes ? Mais n’est-il pas naturel que l’amour d’un frère m’ait fait changer d’avis ? Se rendre toujours aux meilleures raisons n’est pas le fait d’un homme endurci dans le mal.Le chœurGénéreuses paroles, bien dignes de Tantale, fils de Zeus ! tu ne démens pas tes ancêtres.AgamemnonBien, Ménélas ! ”
Euripide
Résumé
Euripides, dans Iphigénie à Aulis, explore les tensions entre destin divin et libre arbitre humain, à travers le sacrifice imposé à la jeune Iphigénie pour assurer la traversée des Grecs vers Troie. Le drame met en scène Agamemnon, son frère Ménélas et la déesse Artémis, autour de cette jeune fille altière, prête à se sacrifier pour la patrie.
Les thèmes de la filiale en conflit avec son père, de la divinité implacable et de la remplacement surnaturel d’un cerf à la victime humaine structurent cette œuvre, révélant la fragilité des mortels face aux caprices des dieux.
Citations de Iphigénie à Aulis (Euripide)
“ IphigénieTu m’as nourrie pour être le salut de la Grèce : je ne refuse pas de mourir pour elle.Le chœurNe crains pas que ton nom soit jamais oublié.IphigénieHélas ! hélas ! flambeau du jour, splendeur de Zeus ! une autre vie, un autre destin m’attend. Adieu, douce lumière !Le chœurAh ! voyez ! voyez celle qui va détruire Ilion et les Phrygiens ! Elle s’avance pour recevoir sur son front les bandelettes et l’eau lustrale, pour répandre une rosée sanglante sur l’autel de la cruelle déesse, et présenter son beau cou au sacrificateur. ”
“ Mais voyons, si tu pars pour la guerre en me laissant à la maison, si là-bas ton absence se prolonge, quels sentiments crois-tu que j’aurai au cœur dans ma solitude, quand je verrai tous vides les sièges où ma fille s’asseyait, vide aussi sa chambre virginale, et que je vivrai dans les larmes, sans cesser de la pleurer : « Celui qui t’a fait périr, ô mon enfant, c’est ton père, ton propre père ; c’est lui qui t’égorge, et non un autre, ce n’est pas une autre main. Voilà le salaire qu’il nous laisse : sa famille trahies ! » ”
