Victor Perribère

Résumé

Victor Perribère Fleurs d'automne : poésies (1853)

Nous la voyons encor, vision vaporeuse, Esprit mystérieux à nous seul révélé, Sur nous seul attacher son œil doux et voilé.
C'est encore l'Idéal que créa la pensée Qui guérit la douleur de notre âme blessée , Car ce fantôme aimé, pour prix de notre amour, Nous a toujours donné tout son cœur en retour.
Voilà le rêve, ami, voilà notre chimère !
L'Idéal n'est, hélas qu'une illusion chère Qui, semblable au mirage, abuse notre cœur ; Mais, qu'importe après tout, s'il donne le bonheur ?
L'erreur, nous la faisons douce et pleine de charmes ; C'est dans la vérité qu'on retrouve les larmes.
Source : Gallica

Victor Perribère Fleurs d'automne : poésies (1853)

Mon cœur est plein.
Je veux les arroser de larmes, Les couvrir de baisers d'amour.
Elles dissipent mes alarmes Comme l'aurore d'un beau jour.
Douce espérance, pure idole, Elles sont, pour moi, le symbole Du bonheur.
Elles sont la voix bienfaisante Qui montre à l'âme délirante Son erreur.
C'est la brise embaumée Parfumant les vallons; L'astre de l'ombre aimée Dardant ses doux rayons.
C'est la rive apparue Aux marins naufragés ; C'est la main inconnue Qui nous a protégés.
C'est cet espoir extrême Qui nous soutient encor, même à l'heure suprême, Alors que nous mourons.
Source : Gallica

Victor Perribère Fleurs d'automne : poésies (1853)

C'est qu'à l'Idéal seul est fortement rivée Cette perfection de tous les temps rêvée ; C'est qu'à l'Idéal seul appartient la beauté Qu'on ne trouva jamais dans la Réalité.
C'est que pour la pensée, il n'est pas de limite : Pas de frein qui toujours ou l'entrave ou l'irrite.
Noble dans son orgueil, forte dans son pouvoir, Pour créer ou détruire, elle n'a qu'à vouloir.
C'est ainsi, n'est-ce pas? que nous autres poètes, Nous voyons par le cœur de bien splendides fêtes, Des anges à l'œil doux, au regard caressant, Dont l'aimable souris nous salue en passant.
Source : Gallica

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