Résumé

Portrait de Jean-Jacques Audubon Jean-Jacques Audubon Scènes de la nature dans les États-Unis et le Nord de l’Amérique

Sa gorge se remplit de sang, sa parole faiblit, la main froide de la mort s’étendit sur son front, et d’une voix éteinte et saccadée il murmura : Je suis un homme mort... bonsoir.
Hélas ! il est triste de voir la mort, sous quelque forme qu’elle se présente ; mais ici c’était horrible, car ici c’était sans espoir. J’entendais le râle suprême de l’agonie, et déjà le corps retombait dans mes bras, si lourd, que je ne pouvais le supporter. Je l’étendis sur la terre ; un flot de sang noir jaillit de sa bouche ; puis ce fut un sourd et terrible gémissement, dernier soupir de cette âme coupable.
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Sur la branche au-dessus, voici les préludes d’une scène d’amour : la femelle, toujours réservée et indécise, semble douter des protestations de son amant et, comme une vierge craintive, se résout à mettre sa sincérité à l’épreuve, en se refusant quelque temps encore à ses désirs : elle a gagné l’extrémité de la branche ; déjà s’ouvrent ses ailes et sa queue, elle va s’envoler dans quelque réduit plus solitaire... Qu’il persiste à l’y suivre, sans laisser se ralentir son ardeur ; et bientôt, n’en doutez pas, ils reproduiront la même scène de félicité que le couple qui est au-dessous d’eux.
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La nature entière est enveloppée de ténèbres, les éléments sont confondus : seule, la Frégate tient vaillamment tête à l’ouragan. Si son vol ne peut en forcer l’impétuosité, du moins elle ne recule pas et continue de se balancer comme le faucon, dont l’œil est fixé d’en haut sur sa proie. Mais la tempête a redoublé de fureur ; alors l’oiseau s’élève obliquement : en quelques vigoureux coups d’aile, il surmonte les nuages tumultueux et ne tarde pas à entrer dans une atmosphère paisible, où il vogue à l’abri des orages, attendant qu’au-dessous de lui le monde ait repris sa tranquillité.
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