Charles Beltjens

Charles Beltjens

Résumé

Portrait de Charles Beltjens Charles Beltjens L’Impartial de Nice

L’arbre que vous plantez, votre arbre de science,
Quel que soit son ombrage, est funeste à mes yeux,
Si, pour vous abriter, il doit cacher les cieux ;
S’il ne doit s’élargir que pour être un refuge
À ceux qui vont disant : « Après nous le déluge ! »
Si tout essor divin de son ombre est banni,
S’il n’a point de lucarne ouverte à l’infini.
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Portrait de Charles Beltjens Charles Beltjens L’Impartial de Nice

Qu’un siècle divinise et qu’un autre mutile,
Arrière ! ― Et toi, Science, à qui je fus hostile,
Grâce aux propos mielleux de poètes menteurs,
Désormais reçois-moi parmi tes serviteurs !
Vaste Chimie aux bras puissants, Physique austère,
Venez me révéler les secrets dont la terre
À nos yeux, dans ses flancs, dérobe le mystère.
Apprendre pour jouir, profiter aujourd’hui
Et marcher dans la voie où l’instinct nous conduit,
Hors de là, rien n’est vrai ; dans la nature entière,
Tout naît, tout vit, tout meurt
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Portrait de Charles Beltjens Charles Beltjens L’Impartial de Nice

« L’homme n’est rien qu’une pensante argile,
« Un produit du hasard, dont l’unique souci
« Doit être de se faire un sort plus adouci ;
« Le reste : âme immortelle, existence future,
« Justice, châtiment, récompense, ― imposture !
« Ô peuple ! n’en crois rien ; d’un cœur impétueux
« Embrasse le réel, lui seul est fructueux ;
« D’un arbre chimérique il n’est nul fruit qui tombe,
« Et tout finit pour l’homme en entrant dans la tombe. »
Puis après, dites-lui : « Peuple, sois vertueux ! »
Dérision ! En vain le pouvoir légifère ;
Quand on ne croit à rien, on est prêt à tout faire.
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