s:fr:Renée de Brimont

Élements biographiques

s:fr:Renée de Brimont Mirages

Il fuit, il fuit, le mystère de ta pensée,
et dans ce voyage obscur et lointain
j’aurais peur — ah ! j’aurais peur de te suivre !
Mais je devine la douceur des rives
qui te plaisaient jadis ! Et ce matin
je t’ai senti là-bas, loin — très loin...
Tu ne réponds rien ? Les vieilles idoles
dévident bien des songes dans nos âmes folles
et nous retiennent par d’étranges liens...
Je sens... je crains en toi ces idoles
qui feignent d’être mortes pour mieux régner !
Tu ne réponds rien ? Leur visage
est plein d’énigmes ; l’âge même, l’âge
nimbe leur front d’une auréole
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s:fr:Renée de Brimont Mirages

Ma pensée est un cygne harmonieux et sage
qui glisse lentement aux rivages d’ennui
sur les ondes sans fond du rêve, du mirage,
de l’écho, du brouillard, de l’ombre, de la nuit.
Il glisse... Et lentement se déroule, s’allonge
son col, tel un serpent vaguement balancé,
et son aile luisante est la conque où le songe
repose avec l’oubli, la paix et le passé.
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s:fr:Renée de Brimont Mirages

FEUILLES SUR L’EAU
Octobre a dispersé l’ambre, l’or et le sang,
et la rouille, et le cuivre pâle,
et devant la terrasse un râteau bruissant
rompt la grande paix automnale.
Ô ce bruit familier, rythmique, nonchalant !
Ô la fuite de mes pensées,
comme, sur ce chemin jonché de sables blancs
toutes ces feuilles dispersées !...
Ici l’étang voilé par des brumes, halo
qu’ont tramé d obscures fileuses...
Et l’horizon brouillé se confond avec l’eau
froide, dormante et nébuleuse
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