Edouard Schuré,
Revue des Deux Mondes
“ L’univers chante dans mon âme, Et c’est du baiser d’une femme Que je voudrais vivre et mourir ! » Ainsi parlait, le cœur ouvert et l’œil limpide, Anannda, du Bouddha le disciple très cher. Anannda rayonnait d’un front chaste et languide Comme un rêve d’amour descendu dans la chair. Le Maître gravement lui répondit : « J’éveille L’esprit qui dort, mais la douleur t’enseignera. Je t’ai montré la cime aux splendeurs sans pareilles. La forêt des vivans va t’ouvrir ses merveilles ; Viens, suis-moi dans le monde où ton cœur pâtira. » ”

