Résumé

Auguste Panneton En flânant dans les portages

Quelques pas seulement, et, sans transition, le sentier débouche au fond d’une petite baie : eau claire, fond de roche piqueté d’herbe verte. C’est le lac qui nous accueille d’un sourire tranquille.
L’arrivée au bord d’un lac solitaire, perdu en pleine forêt, offre un attrait bien singulier. Vous sortez de la pénombre du bois, où le ciel, les nuages, la lumière, ne sont perçus qu’à travers le filtre des branches entre-croisées et, tout-à-coup, le rideau se déchire, l’espace a reconquis ses droits, le ciel vous paraît plus bleu, les nuages plus blancs, le soleil plus brillant.
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Auguste Panneton En flânant dans les portages

Avec le printemps que nous avons, la saison ne peut être que hâtive. Car il faut au pêcheur une raison plausible pour partir toujours un peu plus tôt, quitte à regretter, d’une année à l’autre, de n’avoir pu freiner son impatience.
Oui, dans un mois, je serai à mon endroit favori, la ligne en main, cheveux au vent, planté dans mes vieilles bottes, sur la grosse roche au pied de la chute grondante. Ce sera l’heure idéale ; le soleil vient à peine de se glisser derrière les pins de la montagne. Le vent tombe, une brise discrète ride à point les coins d’eau trop calme.
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Auguste Panneton En flânant dans les portages

Vous le trouverez là-bas, tapi sur une grosse roche, trempant dans un remous familier une vieille corde qu’il balance lentement, de haut en bas.
Patient comme un héron, il connaît les bons endroits, et si la truite veut mordre, vous aurez beau lui crier que c’est l’heure de la soupe, il se fera plus sourd que jamais, et continuera de remuer sa ligne dans un épais nuage de fumée, comme s’il n’existait au monde que sa pipe, sa ligne et la grosse « bâdreuse » qu’il va tout à l’heure tirer de l’eau, en riant d’un petit rire féroce.
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