“ C’est par vous, première fleur du printemps, que la Nature commença à façonner les âmes ; par vous, joyeuse couronne de la moisson, que la Nature clôt et parfait son œuvre. L’art qui modestement s’éleva de l’argile, de la pierre, l’art créateur embrasse, sans bruit, dans ses triomphes l’immense empire du génie. Les découvertes, les conquêtes du savant dans le champ de la science, artistes, c’est pour vous qu’il les fait. Les trésors que le penseur entasse, il n’en jouira que dans vos bras, lorsque sa science, mûre pour la beauté, se sera transformée en noble chef-d’œuvre de l’art... ”
Friedrich Schiller
Résumé
Poésies, de Friedrich Schiller, explore la relation entre la beauté, l’harmonie et la créativité humaine à travers des images mythologiques et des réflexions sur l’art. Inspiré par des thèmes comme la déesse Uranie, la nature et la métamorphose de l’âme, Schiller célèbre l’art comme un lien entre la vérité et la beauté.
Les textes, riches en symboles (tente étoilée, lion, voile), mêlent lyrisme et pensée philosophique, illustrant l’aspiration humaine à l’unité suprême. Publié dans un contexte où l’art et la réflexion s’entretiennent mutuellement, ce recueil révèle l’ambition de Schiller de transcender les limites du temps et de la matière.
Citations de Poésies (Friedrich Schiller)
“ Libres enfants de la mère la plus libre, élevez-vous, le regard ferme, au trône radieux de la plus haute beauté. Ne briguez pas d’autres couronnes ! La sœur qui a disparu ici à vos yeux, vous la retrouverez dans le sein de sa mère ; ce que de belles âmes ont noblement senti ne peut être qu’excellent et parfait. Élevez-vous, d’une aile hardie, au-dessus du cours de votre temps ! Que déjà, dans votre miroir, commence à poindre le siècle futur. Par les mille sentiers entrelacés de la riche diversité, venez, les bras ouverts, à la rencontre les uns des autres, devant le trône de l’unité suprême. ”
“ Celle qui, la face ceinte d’une auréole d’Orions, n’est contemplée, dans sa majesté sublime, que par de plus purs esprits que ceux d’ici-bas, qui s’avance éblouissante par delà les astres, emportée sur son trône radieux, la redoutable et souveraine Uranie... la voilà qui, déposant sa couronne de feu, se présente à nous... sous l’apparence de la beauté ! Enlacée de la ceinture de la Grâce, elle se fait enfant, pour que les enfants la comprennent. Ce que nous avons senti ici-bas, comme beauté, un jour nous apparaîtra comme vérité. ”
