Résumé

Charles Lévêque Le Sens du beau chez les bêtes…

On a pu voir qu’elle repose en dernière analyse sur ce fait essentiel, que l’animal, tantôt le mâle, tantôt la femelle, souvent l’un et l’autre à la fois, est sensible à la beauté de son semblable. Qu’il en soit frappé, je l’admets ; seulement cette beauté de la couleur, de la forme, du chant, la sent-il réellement en tant que beauté, ou bien cet éclat des nuances, cette force et cette douceur de la voix, ne sont-ils pour la bête que le signe très expressif, mais exclusivement brutal, d’un état physiologique que son instinct attend, qu’il provoque et auquel il répond ?
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Charles Lévêque Le Sens du beau chez les bêtes…

Ce n’est pas l’expression de la vie en général qu’il lui faut, c’est la vie elle-même, la vie particulière, disons plus, la vie individuelle, celle qui parle à ses sens et à son organe olfactif bien plus qu’à ses yeux et à ses oreilles. Il n’a que faire du général, de l’idéal, de l’admirable. Il n’y comprend rien.
Il est nécessaire, puisque M. Darwin nous y oblige, de montrer une fois de plus ce que c’est que l’admiration, en quoi ce sentiment de l’âme humaine diffère radicalement des impressions confuses et spéciales de l’animalité.
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Charles Lévêque Le Sens du beau chez les bêtes…

Ainsi, quoiqu’il n’y ait pas de beauté sans vie individuelle ou sans expression de la vie individuelle, il n’y a pas non plus de beauté en dehors de tout principe, de toute loi, en dehors de toute généralité. Donc de deux choses l’une, ou bien l’animal n’a aucune notion du beau, ou bien il mêle à sa notion du beau quelque idée générale.
Si la bête n’a pas d’idées générales, toute la théorie de la sélection sexuelle s’écroule de fond en comble. M. Darwin varie constamment à cet égard.
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