Judith Gautier,
La Conquête du paradis
“ Alors on vit l’étrange fakir, qui depuis quelques jours agitait le peuple, apparaître au sommet du bûcher, dansant, avec une joie folle, à travers les flammes, comme s’il ne pouvait en être atteint. Puis, d’un bond, il sauta à terre et se mit à courir, entraînant toute la foule derrière lui, vers le palais, où Bussy avait emporté la reine. Ils étaient restés longtemps aux bras l’un de l’autre, incapables de parler, comme morts de bonheur ; s’étreignant à s’étouffer, à travers des pleurs et des rires, contemplant avec ivresse leurs visages pâlis et ravagés par la souffrance. ”
