Théophile de Viau,
Œuvres complètes de Théophile
“ Ce feu brusle si viste à force qu’il me plaist Qu’à peine ay-je loisir de regarder qu’il est. Les Dieux, qui peuvent tout avec les Destinées, S’aident de mille maux et de beaucoup d’années, Et faut que des soleils l’un l’autre se suivans A force d’esclairer esteignent les vivans, Qu’un siècle, ce flambeau, passe sur nostre vie, Et Cloris d’un traict d’œil me l’a desja ravie. Mes sens, enveloppez dans un profond sommeil, Ne sçavent plus que c’est des clartez du soleil ; Mes premiers sentimens sont dans la sépulture ; Ton amour, ô Cloris, a changé ma nature ”

