Résumé

Camille Allary Laurence Clarys, étude de moeurs contemporaines… (1879)

Les passants, gantés, emmitouflés, hâtaient le pas. Mme Clarys, une boîte de gants à la main, marchait, indifférente, absorbée par ses pensées. Tout à coup, au détour d'une rue, en levant la tête, elle se trouva face à face avec un homme qui arrivait en sens contraire.
— Lui ici ! murmura-t-elle.
En cet homme, Laurence, tremblante de joie, avait reconnu Marcel Ferrier. Pendant un instant, tous deux demeurèrent ainsi en présence,
hébétés, si surpris de cette rencontre, si embarrassés de la conduite à tenir, qu'ils n'osaient ni s'éloigner l'un de l'autre ni se rapprocher.
Source : Gallica

Camille Allary Laurence Clarys, étude de moeurs contemporaines… (1879)

Laurence dormait. Assourdi par l'épaisseur du tapis, le bruit des pas d'Armand n'était pas arrivé jusqu'à elle. Il s'approcha du lit, hésitant, pâle d'émotion. Elle dormait toujours. Un souffle régulier, doux, comme celui d'un baby, passait entre ses lèvres roses. Elle ne lui avait jamais paru si belle, pas même le soir où, un à un, ses voiles d'épousée s'écartèrent devant lui. Un rêve I heureux devait éclairer son sommeil, car elle souriait, la chevelure en désordre, ses bras nus hors des couvertures, ensevelie dans les blancheurs de sa couche.
Source : Gallica

Camille Allary Laurence Clarys, étude de moeurs contemporaines… (1879)

Ce ne fut que plus tard, pendant le dîner, que le bavardage de Claire éveilla son attention. A une certaine époque très peu éloignée, elle avait su par son père, qui, certes, à ce moment-là parlait sans malice, que Mme Ferrier était la mère d'un peintre auquel un grand avenir, semblait assuré. Aussi, ce jour-là, du potage au dessert, la conversation ne roulat-elle que sur l'art et les artistes. Maintenant qu'elle connaissait Robert, maintenant qu'elle
s'était attachée à lui, peut-être à jamais, son désir le plus vif était de se familiariser avec tout ce qui touchait à sa personne.
Source : Gallica

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