Emma Valladon, dite Thérésa

Résumé

Emma Valladon, dite Thérésa Emma Valladon

Je suis une fille du peuple, et j’amuse le peuple. C’est ainsi que je trouve moyen de ne pas me séparer de ma famille !
On m’a dit souvent que personne n’arrive à une célébrité quelconque à Paris sans une valeur réelle.
Or, je suis aussi populaire que Timothée Trimm, Ponson du Terrail ou Jacques Offenbach.
Si le public se trompe, ce n’est pas ma faute.
Les artistes grandissent suivant le milieu dans lequel les jette le hasard.
Moi, après bien des luttes, après bien des tourments, j’ai été jetée sur les planches d’un café-concert.
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Emma Valladon, dite Thérésa Emma Valladon

Darcier m’apporta deux chansons : le Chemin du Moulin et Quand les Hommes sont au Cabaret.
J’eus un succès énorme, grâce à ces deux romances, dont la musique et les paroles sont des petits bijoux.
C’est là le service que Darcier m’a rendu, et j’appelle cela un grand service.
Lorsqu’un artiste de sa valeur consent à mettre à la disposition d’une camarade tout ce que son talent a de grâce et de sentiment, lorsque, pour ainsi dire, il l’initie par ses compositions musicales au grand art de faire rire et pleurer le spectateur, il fait œuvre qui entraîne une profonde reconnaissance.
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Emma Valladon, dite Thérésa Emma Valladon

Qu’ai-je de commun avec cette femme, qui a, pendant quelques mois, joui d’une triste célébrité, et dont le goût public a fait justice ?
Je ne dois pas ma réputation à un art qu’on ne peut avouer en public, et je n’aurai jamais à rougir de ma fortune.
Depuis que je pense, ma constante préoccupation a été de devenir une artiste.
Et je suis artiste !
Mon public m’aime et j’aime mon public.
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