Emma Valladon, dite Thérésa

Élements biographiques

Emma Valladon, dite Thérésa Emma Valladon

Darcier m’apporta deux chansons : le Chemin du Moulin et Quand les Hommes sont au Cabaret.
J’eus un succès énorme, grâce à ces deux romances, dont la musique et les paroles sont des petits bijoux.
C’est là le service que Darcier m’a rendu, et j’appelle cela un grand service.
Lorsqu’un artiste de sa valeur consent à mettre à la disposition d’une camarade tout ce que son talent a de grâce et de sentiment, lorsque, pour ainsi dire, il l’initie par ses compositions musicales au grand art de faire rire et pleurer le spectateur, il fait œuvre qui entraîne une profonde reconnaissance.
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Emma Valladon, dite Thérésa Mémoires de Thérésa écrits par elle-même

J’avais sept ans à peine, et je chantais comme d’habitude dans la cour, quand un monsieur, qui semblait trouver un plaisir extrême à m’entendre roucouler, me dit :
— Qu’est-ce qui t’apprend ces jolies chansons ?
— C’est mon père.
— Ah ! et que fait-il ton père, est-il ouvrier ?
— Non, monsieur, répondis-je avec fierté, il est artiste !
À ces mots, dits avec un certain orgueil, l’étranger sourit.
En ce moment mon père survint ; je courus à lui.
— Ah ! c’est vous qui êtes le père de la petite ? lui dit l’étranger.
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Emma Valladon, dite Thérésa Emma Valladon

Je suis une fille du peuple, et j’amuse le peuple. C’est ainsi que je trouve moyen de ne pas me séparer de ma famille !
On m’a dit souvent que personne n’arrive à une célébrité quelconque à Paris sans une valeur réelle.
Or, je suis aussi populaire que Timothée Trimm, Ponson du Terrail ou Jacques Offenbach.
Si le public se trompe, ce n’est pas ma faute.
Les artistes grandissent suivant le milieu dans lequel les jette le hasard.
Moi, après bien des luttes, après bien des tourments, j’ai été jetée sur les planches d’un café-concert.
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