Emma Valladon, dite Thérésa

Résumé

Emma Valladon, dite Thérésa Mémoires de Thérésa écrits par elle-même

Qu’ai-je de commun avec cette femme, qui a, pendant quelques mois, joui d’une triste célébrité, et dont le goût public a fait justice ?
Je ne dois pas ma réputation à un art qu’on ne peut avouer en public, et je n’aurai jamais à rougir de ma fortune.
Depuis que je pense, ma constante préoccupation a été de devenir une artiste.
Et je suis artiste !
Mon public m’aime et j’aime mon public.
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Emma Valladon, dite Thérésa Mémoires de Thérésa écrits par elle-même

J’avais sept ans à peine, et je chantais comme d’habitude dans la cour, quand un monsieur, qui semblait trouver un plaisir extrême à m’entendre roucouler, me dit :
— Qu’est-ce qui t’apprend ces jolies chansons ?
— C’est mon père.
— Ah ! et que fait-il ton père, est-il ouvrier ?
— Non, monsieur, répondis-je avec fierté, il est artiste !
À ces mots, dits avec un certain orgueil, l’étranger sourit.
En ce moment mon père survint ; je courus à lui.
— Ah ! c’est vous qui êtes le père de la petite ? lui dit l’étranger.
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Emma Valladon, dite Thérésa Mémoires de Thérésa écrits par elle-même

Comme tout le monde, comme tous ceux qui liront ces Mémoires et ceux qui ne les liront pas, j’ai cru que la vie d’artiste n’était qu’une série de plaisirs continus et de vanités satisfaites. Bien que je n’aie pas eu la prétention de vous instruire, et que je n’ose vous demander si je vous ai amusés, ce livre aura du moins ce résultat que vous saurez, après l’avoir parcouru, ce qu’il en coûte de travaux, de luttes et de déboires pour arriver en haut de ce mât de Cocagne qu’on appelle la réputation.
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