Georges Eekhoud

Georges Eekhoud

Résumé

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Kees Doorik : scènes du Polder (1883)

Elle était rose comme les « belles fleurs » favorites du grand pommier de feu le pachter Nelis Cramp, avec des flammes aux pommettes & de la rosée aux lèvres ; lui, exsangue comme un veau écorché, flageolait sur ses poteaux et, à un moment donné, ce fut elle qui parut diriger cette tonne à bière, cette poche à tripes de Beirendrecht.
Kees semblait remplir le pavillon de son bugle des tempêtes grondant dans sa poitrine. Tudieu, quelles saccades, quel martelé de dissonnances !
Source : Gallica

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Kees Doorik : scènes du Polder (1883)

Et les yeux de la veuve revinrent, attirés irrésistiblement à Kees Doorik, le domestique de confiance. Ses allures différaient de celles de ces patauds gavés de lard, de pommes de terre & de lait de beurre. Il y avait plus d'intelligence dans cette figure joufflue sans exagération ; dans ces yeux noirs ; dans ce nez légèrement aquilin, fendu de narines mobiles comme des naseaux; dans les plis de cette bouche sérieuse.
Source : Gallica

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Kees Doorik : scènes du Polder (1883)

Parmi ces derniers se trouvait un étranger que Kees eût promptement remarqué. C'était un gaillard d'une vingtaine d'années, large d'épaules, engoncé, fessu et pattu, avec un visage rond & briqueté, du son plein les joues, une grande bouche charnue, des cheveux d'un blond filasse bretaudés, un nez carlin et polisson, des yeux pers & enjôleurs. Kees vit d'un mauvais œil que ce déluré, la casquette posée sur le coin de l'oreille, portant un veston, une chemisette blanche & une cravate, comme un signor de la ville,
faisait la belle jambe aux côtés de la veuve Cramp.
Source : Gallica

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