Georges Eekhoud

Georges Eekhoud

Résumé

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les Fusillés de Malines

Alors le Schalk, en personne, gravit l’échafaudage charnu adossé au pied-droit de la porte, et, loustic incorrigible, s’amuse même en route à tirer le nez des atlas que son poids fait grimacer. Rik le Blanc renâcle, l’effort et la tension arrachent des bruits insolites au gros Gilles Bull et au nerveux De Golder, le Schalk pouffe tellement de rire qu’il fait chorus avec ces personnages flatueux, tandis que des fondations de cette tour pantelante et orageuse montent par la voix de Chiel, des adjurations pitoyables : « Vite Tistiet ! Pauvre moi ! Aïe ! Dépêche ou je croule ! Grâce ! »
Source : Wikisource

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les Fusillés de Malines

Impossible de garder pied, le flot soulève ou renverse quiconque tente de s’opposer à son passage.
— À moi Bonheyden ! À moi ! rugit encore le Torse ! tentant des efforts surhumains pour se dégager. Une note stridente et prolongée lui répond. C’est Heratens, qui parvient à porter son fifre jusqu’à ses lèvres. Et des voix connues se hèlent, des divers points de la place, par dessus les vagues : « Tiens bon Chiel... Courage Tistiet !... Pousse à droite, le Blanc ! Bonheyden à nous ! »
Source : Wikisource

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Les Fusillés de Malines

Le crépuscule tombe navrant et fatidique. À présent, sous les arbres, il fait à peu près la même lumière que dans l’église, ce matin... Les sauvages instruments se taisent. À quoi bon ce tapage ! On ne danse qu’à peine. Les couples s’écartent peu à peu. Le vide se fait autour du tilleul...
Comme le jour déclinait, que la musique du bal tremblotait avant de s’éteindre ainsi qu’un luminaire épuisé, Tistiet l’Oiseleur regagnait, à larges enjambées, les premières maisons de Bonheyden rendu à une apparente accalmie.
Une ombre adossée au mur lui dit doucement : « Bonsoir Tistiet ! »
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature