Georges Eekhoud

Georges Eekhoud

Résumé

Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Raymonne

Et de pleurs il l’arrose.
La petite main tremble et ses doigts fins et doux
Indiquent la pitié plutôt que le courroux.
Mais il ne comprend pas. Ô pauvre enfant, pardonne...
Pardonne à ton bourreau, pardonne ma mignonne,
Fait-il en sanglottant. Mais qu’est-ce ? Cette fois
Il sent un long baiser qui le trouble et la voix,
De quelqu’un qu’il aimait, voix douce et bien connue,
Lui dit : Es-tu content que je sois revenue,
Et veux-tu que je reste ou faut-il éveiller
Raymonette qui doit encore sommeiller
Dans son lit nuptial près d’Huguet son beau pâtre ?
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Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Raymonne

Il sent d’un long baiser l’enivrante moiteur.
Il a levé les yeux. C’est Diane sa femme
Qui l’aime et qui voudrait rassénérer son âme,
Supporter avec lui des maux la pesanteur.
Mais ses maux ne sont pas de ceux que l’on partage,
Les êtres innocents ont ce désavantage
Qui nuit au pur effet de leur heureux pouvoir
D’ignorer les soucis que l’ambition crée.
Ce qu’une âme devient aux passions livrée
Ce que dans un cerveau l’on peut broyer de noir.
C’était un idéal lumineux que Diane,
Cœur d’ange dans un corps vaporeux, diaphane,
Dont rien de malfaisant ne pouvait s’exhaler
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Portrait de Georges Eekhoud Georges Eekhoud Raymonne

Dans le rapt d’une vierge il cherche le plaisir.
Il ne vit même pas cette tête éplorée
Plus belle que jamais. Dès le matin parée
Pour s’unir à l’époux que choisissait son cœur,
On l’avait à la nuit, à l’heure du voleur,
Lâchement enlevée à sa pauvre chaumière.
Il lui semblait de loin entendre sa prière ;
Puis il voyait aussi le malheureux Huguet
Bâillonné, maintenu, tandis qu’il divaguait,
Fou de douleur, râlant à fendre sa poitrine,
Appelant sur Gisors la vengeance divine,
Criant grâce ou pleurant comme un enfant soumis,
Voulant baiser les pieds de ses vils ennemis !
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