Albert Samain,
Revue des Deux Mondes
“ Pieds nus, manteaux flottans dans la brise, à l’aurore, Tels, un jour, sont partis les enfans ingénus. Le cœur vierge, les mains pures, l’âme sonore... Oh ! comme il faisait soir, quand ils sont revenus ! Pareils aux émigrans dévorés par les fièvres, Ils vont, l’haleine courte et le geste incertain. Sombres, l’envie au foie et l’ironie aux lèvres ; Et leur sourire est las comme un feu qui s’éteint. Ils ont perdu la foi, la foi qui chante en route Et plante au cœur du mal ses talons frémissans. ”
