“ Démétrius, frappé de cette nouvelle, fit sur-le-champ appeler Polybe, et, incertain lui-même de ce qu’il devait faire en cette occasion, lui demanda s’il était à propos qu’il eût encore une fois recours au sénat pour avoir la permission de retourner en Syrie. « Gardez-vous bien, lui répondit Polybe, de heurter contre une pierre qui vous a déjà fait faire un faux pas. N’espérez rien que de vous-même. Que ne fait-on pas pour régner ? vous avez dans les conjectures présentes toutes les facilités possibles de reprendre la couronne qui vous appartient. » ”
Polybe
Définition et enjeux
Polybe, historien grec du IIe siècle av. J.-C., est une figure centrale de la réflexion sur l'histoire et la politique antique. Son œuvre, Histoire générale, examine les mécanismes des pouvoirs et les dynamiques des conflits, notamment entre Rome et Carthage. Alfred Croiset souligne son approche analytique, qui privilégie les causes immédiates des événements, tandis qu'Albert Réville le considère comme une source incontournable pour comprendre la trajectoire d'Hannibal.
Polybe, en combinant rigueur scientifique et réflexion politique, a marqué la tradition historique, comme le rappelle Gaston Boissier, qui voit en lui un observateur aigu des institutions romaines. Son influence traverse les siècles, de l'Antiquité aux récits modernes.
Citations sur “Polybe”
Alfred Croiset,
Histoire de la littérature grecque
“ La langue des gens instruits, au siècle de Polybe, est surchargée de mots abstraits. Les uns sont des termes techniques créés par la philosophie et les sciences ; les autres sont le produit naturel d’un état d’esprit nouveau, plus analytique et réfléchi que spontané ou imaginatif. Polybe a une prédilection visible pour cette manière de s’exprimer, qu’il trouve évidemment distinguée. ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Le récit est un peu froid, et les grandes figures n’ont point, dans les tableaux de l’historien, cette vivacité et cet éclat qui attirent et charment les regards. L’esprit est toujours satisfait avec Polybe ; l’imagination a toujours à désirer. Elle voudrait, dans le style, plus de lumière et de mouvement ; elle voudrait quelque chose de la grâce d’Hérodote ou de l’énergie pittoresque de Thucydide. Les passages de Polybe que j’ai cités à propos de Timée montrent pourtant que l’historien trouvait quelquefois, pour exprimer sa pensée, des formes agréables et piquantes. ”
