“ XIII. Questeur, un sénatus-consulte vous fit tirer au sort un département consulaire (46) , dont vous eûtes l’administration avec le consul Cn. Carbon. Les citoyens étaient alors divisés en deux partis. Je ne dirai point quel devait être le vôtre ; je dis seulement que, dans la circonstance où vous vous trouviez, revêtu comme vous l’étiez d’une magistrature, il était de votre devoir de décider lequel des deux vous vouliez embrasser et défendre. Carbon voyait avec peine qu’on lui eût donné pour questeur un homme sans mœurs et sans talents : cependant il le combla de bienfaits. ”
Questeur
Définition et enjeux
Le questeur, figure historique liée aux institutions politiques et juridiques, notamment dans l'Antiquité romaine, incarne un rôle de surveillance et de contrôle des finances publiques. Cicéron, dans Contre Verrès, évoque son administration sous le consulat de Cn. Carbon, illustrant son importance dans le gouvernement.
Charles Girou de Buzareingues, quant à lui, décline les qualités requises d’un censeur, fonction proche dans l’ordre moral et administratif. Les Ségur, dans Au couchant de la monarchie, analysent les tensions sociales et religieuses, montrant comment le questeur, ou ses équivalents, interviennent dans les dynamiques de pouvoir. Ces approches, alliant droit romain, morale et critique sociale, révèlent l’évolution du concept à travers les époques.
Citations sur “questeur”
Charles Girou de Buzareingues, Projet de constitution française… (1850)
“ Le censeur doit avoir au moiris cinquante-cinq ans , être irréprochable dans sa conduite et dans ses moeurs , et père d'une famille honorable. Il doit jouir de la considération, de l'estime et du respect de tous ceux qui le connaissent ; être sévère pour le crime , indulgent pour l'erreur, zélé pour l'accomplissement de ses devoirs,* lent, mais inflexible dans ses déterminations , et versé dans les sciences , les belles-lettres, la philosophie et là morale , doué d'intelligence et de prudence. ”
Victor Hugo,
Ruy Blas: Drame
(1838)
“ DON CÉSAR. Jaloux du roi ! RUY BLAS. Hé oui ! jaloux du roi ! sans doute, Puisque j'aime sa femme ! DON CÉSAR. Oh ! malheureux ! RUY BLAS. Écoute. Je l'attends tous les jours au passage. Je suis Comme un fou. Ho ! sa vie est un tissu d'ennuis, A cette pauvre femme ! – Oui, chaque nuit j'y songe ! – Vivre dans cette cour de haine et de mensonge, Mariée à ce roi qui passe tout son temps A chasser ! Imbécille ! – un sot ! vieux à trente ans ! Moins qu'un homme ! à régner comme à vivre inhabile. – Famille qui s'en va ! – Le père était débile Au point qu'il ne pouvait tenir un parchemin. ”
