François-Paul Alibert,
Epigrammes
(1932)
“ Laisse le rossignol aux étoiles sans nombre Resplendir et saigner de musique et d'amour. Plus qu'elles, plus que lui, ton visage dans l'ombre Change le ciel nocturne à la clarté du jour. Là, ce bois de l'Erèbe, ici l'ombre argentée Où le divin cyprès tisse un peuple immortel. Quoi qu'on veuille choisir, de l'enfer ou du ciel, L'autre n'aura jamais notre âme contentée. Que ce soit l'un ou l'autre, il n'est pas nécessaire. Ils balancent en nous un nombre toujours pair. Et chacun, tout ensemble et double et solitaire, Embrasse dans ton cœur ton ciel et ton enfer. ”
