Mme la comtesse de Noaïlles

Résumé

Mme la comtesse de Noaïlles Revue des Deux Mondes

Où tout penche, s’apaise et humblement repose.
Il n’est que de mourir pour échapper au temps,
Et je suis morte en toi. À peine si j’entends,
Dans les confus soupirs de la nuit cristalline,
Le bruit léger d’un train faufiler la colline...
Mais mon cœur que l’amour avait exténué,
Hélas ! sent rebondir sa guerrière cuirasse.
Le vent de l’infini sur mon front s’est rué,
Il n’est jamais bien long le temps qui me harasse.
Est-ce qu’un jour mon cœur pourra n’espérer plus ?
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Mme la comtesse de Noaïlles Revue des Deux Mondes

Ne tends jamais l’oreille aux musiques des sphères,
N’arrête pas tes yeux sur ces coursiers brûlans :
Rien n’est pour les humains dans la haute atmosphère,
Crois-en mon noir vertige et mon corps pantelant.
Le poumon perd le souffle et l’esprit l’espérance,
C’est un remous d’azur, de siècles, de néant ;
Tout insulte à la paix rêveuse de l’enfance,
En l’abime d’en haut tout est indifférent !
Et puisqu’il ne faut pas, âme, je t’en conjure,
Aborder cet espace, indolent, vague et dur,
Ce monstre somnolent dilué dans l’azur,
Aime ton humble terre et ta verte nature
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Mme la comtesse de Noaïlles Revue des Deux Mondes

N’aime que toi, ne veut, ne peut aimer que toi,
Et c’est ce qui me rend souvent chétive et triste ;
Il est beau qu’un amour obstinément persiste
Et qu’il soit comme un ciel d’automne, lisse et coi,
Et qu’il connaisse aussi les misérables transes
Que même un sûr désir traîne encor après soi.
Mais quoi ! Ne plus goûter la subite présence
D’un bonheur vague encor, d’un brumeux paradis,
Ne plus rêver, d’un cœur craintif qui s’enhardit,
A quelque inconcevable et chaude complaisance...
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