Auguste Mario

Résumé

Auguste Mario Nita la Rouge (1936)

Dans le faible rayon de clarté que projetait le foyer, Fédor Fédérovitch voyait se découper dans cette pénombre une singulière silhouette, une silhouette assez inattendue en pareil lieu, celle d'un cavalier vêtu de peaux brutes, qui était immobile à quelques pas de lui.
Penché sur l'encolure de son cheval, l'homme, une main au-dessus de ses sourcils, le considérait avec quelque méfiance. Les lueurs des flammes faisaient luire ses prunelles vives, qui brillaient dans l'ombre comme celles d'une bête sauvage et le canon de sa carabine qu'il tenait à son poing.
Source : Gallica

Auguste Mario Nita la Rouge (1936)

A la tombée de la nuit, après une randonnée de plus de quarante verstes dans la neige et le sable, ce qui restait encore en selle, une quinzaine d'hommes, bivouaqua au cœur d'un bois de cèdres, dans une clairière, près d'un étang dont on creva la couche de glace, et dont l'eau quelque peu croupie, au goût iodé, faisait renâcler les chevaux.
Le thé brûlant revigora les hommes et un daim tué pendant la randonnée et rôti au feu du campement apaisa leur faim.
Source : Gallica

Auguste Mario Nita la Rouge (1936)

Et tu voudrais que je parte, moi?
Nita !
— Ne me regarde pas! Détourne un peu tes yeux !...
— Mais...
— Si tu m'aimes, fais ce que je te demande... Un coup de feu claqua. Nita s'affala doucement le long de la table, la poitrine trouée. Elle venait de se loger une balle dans le cœur.
— Nita!... Qu'as-tu fait?... s'écria Fédérovitch avec désespoir, en la saisissant dans ses bras... Qu'as-tu fait ?...
— Mon devoir, puisque l'amour me rendait lâche... Adieu...
— Nita !...
Une petite lueur scintillait dans ses belles prunel-
les qui prenaient déjà une teinte de turquoise morte.
Source : Gallica

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