“ Dieu reste ton père ; Et le tyran pâlit ; l’esclave sent le droit Protester sous ses fers ; le sceptique à l’œil froid, Tout étonné, tressaille en essuyant ses larmes, Et l’athée à son tour, lui-même pris d’alarmes, Entend d’une voix sourde, en son cœur soucieux, Gémir « le dieu tombé qui se souvient des cieux ». Ô chantre sans égal, pic au milieu des cimes, Où de plus de hauteur l’œil voit le plus d’abîmes, Ô poète, ô penseur, noble musicien Que désormais la terre appellera le sien, Voilà cette œuvre immense, en sa vaste stature, Grande, idéale et vraie ainsi que la nature ”
Charles Beltjens
Résumé
“À Beethoven”, est une œuvre de Charles Beltjens. Des thèmes tels que flots, gouffre ou l'œil y sont abordés.
Citations de À Beethoven (Charles Beltjens)
“ Pas de vin assez pur ne croît sur nos collines Que boiraient sans frémir ses lèvres sibyllines ; Pas une fleur sans tache où pourrait se poser Sans l’acre odeur du sang son lumineux baiser, Et son aile, fuyant nos discordes sans trêves, Ose à peine la nuit se risquer dans nos rêves. Mais, évoquée un jour par ton frère Schiller, Tu la vis de si près passer dans un éclair, Que le nimbe, où sa gloire à nos yeux se dérobe, Fit tressaillir ton front au contact de sa robe, Et que ton cœur ému sous son vol de condor Se mit à résonner comme une harpe d’or. ”
“ Et d’entendre à la fois, se déroulant ensemble, Comme deux vastes mers qu’un même lit rassemble, Dans un hymne de gloire et de fraternité, Les voix de la Nature et de l’Humanité ! — Aussi, vienne un des jours, trop rares dans la vie, Où quelque ville en fête à tes chants nous convie, Tous ceux dont l’idéal, en ce siècle moqueur, Échauffe encor la tête et tait battre le cœur, Tous accourent en foule, et dédaignant le monde, Loin du théâtre obscène, où la Vénus immonde Époumone à grands cris plus d’un vil histrion, Assiègent ton festin, ô noble amphitryon ”
