Marie-Laure

Résumé

Marie-Laure Les églantines (1843)

Que vous sert de farder voire front de tristesse, Pour feindre, âmes côtés, une sombre tendresse?
Ami, vous n'aimez point, et n'avez pas souffert !
Vous demandez pourquoi l'amour par vous offert Est par moi rejeté? C'est que mon âme ardente, Crédule bien longtemps, mais aujourd'hui prudente, Ne se trompant jamais, n'a qu'un dédain moqueur - Pour celui qui, feignant la souffrance, offre un cœur Qu'il sent froid et muet; impassible et le même
Près de moi, s'il me crie et qu'il souffre et qu'il aime, Je vous dirai s'il ment, jurât-il tout le jour, Car la douleur m'apprit à connaître l'amour!
Source : Gallica

Marie-Laure Les églantines (1843)

Moi veux quitter ce lieu ; Rivage où l'ai perdue, Adieu.
Dans ma douleur amère, N'avais plus que sanglots; La cherchais sur la terre, La demandais aux flots.
Moi la trouvais si belle !
Oh ! moi, moi l'aimais tant !
Près d'elle Passais si doux instant.
Mais l'ai perdue amie, Mes pleurs me font effroi ; Plus douce voix chérie:
Écho méchant, tais-toi.
Tais-toi sur mes alarmes; Non, non,
Toi ne dis plus mes larmes, Quand moi voudrais son nom.
Oh ! tiens, dans ma patrie, Sans toi que désespoir.
Viens, viens, veux te revoir, Marie!
Oh! comme t'aimerai.
Source : Gallica

Marie-Laure Les églantines (1843)

Je rêve, et c'est ma joie, avec la fleur je cause ; L'air est bien doux, bien chaud, et je vis sans effort ; Et voyant Dieu partout je suis moins irritée.
J'aime-l'aulomne aussi quand les vents hurlent fort.
Leurs bruits conviennent bien à mon àme agitée.
Mais les sombres hivers. oh! voilà mon tourment..
Le froid me fait souffrir, me suffoque et m'oppresse, Et quand j'ai vu tomber la neige lentement,
Une souffrance aiguë, une pénible ivresse Me trouble la raison, exalte ma douleur Et la fait retomber lourdement sur mon cœur.
Source : Gallica

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