Étienne Eggis, Voyages aux pays du cœur
“ Si tu restes debout au milieu des plus grands, Si ton œuvre bruyante est vaste comme l’âme, C’est que l’ivresse, comme une robuste femme Sous ta cuisse nerveuse a fécondé ses flancs. L’ivresse, c’est le fleuve où notre âme se trempe, L’ivresse, c’est l’oubli ; l’oubli, c’est le bonheur ; La raison, c’est l’abîme où le doute moqueur Sous sa nuit désolée étouffe notre lampe. J’ai vécu pauvre et seul, j’ai beaucoup voyagé. Du pain noir de l’exil je connais l’amertume ; Jamais la comédie à mes yeux n’a changé, J’ai vu le même cœur sous un autre costume. ”
