Édouard Grenier,
La Mort du Juif-errant
“ Le calme descendit du ciel dans mon esprit. À la vie en secret mon âme se reprit. L’air libre et le soleil, retrempant ma jeunesse, Chassèrent les brouillards de ma longue tristesse. Mon cœur, que le mépris devait clore à jamais, Se rouvrit au bonheur sur ces âpres sommets : Et l’amour y germa comme ces roses pâles Qui fleurissent au fond des Alpes glaciales. Ô lac, forêt, torrent au murmure éternel, Toit visité par Dieu sous les traits d’un mortel, Glacier qui dans l’air bleu dresse son front de neige, Solitude bénie ! oh ! quand vous reverrai-je ? ”
