Résumé

Portrait de Aristide Frémine Aristide Frémine Statue de Napoléon Ier à Cherbourg

Et le peintre, en mourant, le sculpteur, le poëte
Sont maîtres de leur œuvre ébauchée ou complète ;
Ils ont agi, pensé sous le regard de Dieu ;
Ils sont morts à la tâche, et, leur suprême adieu,
C’est ce tableau baigné du soleil qui se couche,
Ce groupe, cette tête, ou riante ou farouche,
Ce livre où toute une ame, invisible univers,
Nous apparaît pourtant sous le voile des vers.
Laissons donc place entière au banquet de la gloire,
À tout œuvre, à tout chant, comme à toute mémoire :
La foule peut grossir : l’aliment est divin
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Portrait de Aristide Frémine Aristide Frémine Statue de Napoléon Ier à Cherbourg

Levéel, combien de fois ta rapide pensée
Renversa-t-elle l’œuvre en ton front commencée,
Sous quels aspects divers, sans pouvoir l’arrêter,
L’Empereur à tes nuits vint-il se présenter,
Vision tout-à-coup par une autre suivie ?
Surtout, combien de fois la pâle jalousie
Qui prend dans ses réseaux les hommes grands et purs,
Comme la vigne prend la pierre des vieux murs,
Jeta-t-elle à ton œuvre une plainte envieuse ?
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Portrait de Aristide Frémine Aristide Frémine Statue de Napoléon Ier à Cherbourg

Laisse les ans passer et tes aïeux dormir.
Accepte tant d’oubli sans crier, sans gémir,
Tâche de faire croire à ta muse ingénue
Que l’éclair à nos yeux ne fendra plus la nue ;
Que vaincus et vainqueurs du jour de Waterloo
Jamais sur un champ clos ne verront leur drapeau !
Il est vrai que les ans effacent bien des choses !
Pour les voix du passé nos oreilles sont closes ;
La mer après l’orage est si douce au nocher !
Oh ! depuis bien des jours est éteint le bûcher
Où, lys d’autel cueilli par une main profane,
Jeune et belle, en pleurant monta la pauvre Jeanne.
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