Ernest Seillière

Ernest Seillière

Résumé

Portrait de Ernest Seillière Ernest Seillière Revue des Deux Mondes

« De même que nous ne pouvons nous réveiller au matin qu’à la condition de nous être endormis le soir, ainsi, de l’avis de Schopenhauer, un être ne peut s’éveiller ici-bas à la vie sans qu’un autre s’y soit endormi préalablement. La mort est la condition même de la naissance. En un mot, ce que le sommeil est pour l’individu, la Mort l’est pour la Volonté, principe de notre être et de notre vie. »
— En effet, dis-je, si l’on y réfléchit, c’est bien là le principe de la migration des âmes, et je pressens ce que vous allez en tirer.
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Il estimait, en 1871, que le but poursuivi par la race humaine doit être, non pas d’élever tous les hommes au même niveau intellectuel, ce qui est un vœu irréalisable, mais de rendre accessible à quelques-uns le charme de la haute intellectualité de la grande culture : de créer des êtres supérieurs, des demi-dieux que le reste des êtres consciens adorera et servira. La raison d’être de l’Univers, c’est la production du génie, privilège d’une élite qui doit dominer le monde et y établir le règne de la Raison, — autant qu’il est possible du moins.
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Au total, une nation n’est ni une dynastie, — comme Renan l’enseignait jadis, — ni une race, — car aucune n’est pure aujourd’hui, et l’on rencontrait déjà dolichocéphales et brachycéphales côte à côte dans les rangs des proto-Aryens : — ni une langue, ni une religion, ni même un territoire, bien délimité géographiquement par fleuves ou montagnes. Une nation est un être purement moral, fait du souvenir d’un passé et de l’espoir d’un avenir commun : c’est le résultat d’une sorte de plébiscite quotidien.
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