O. V. de L. Milosz,
L'Amoureuse Initiation
(1910)
“ Toutes choses à l’entour me paraissaient mornes et misérables ; je me sentais prêt à succomber sous l’horrible faix de l’atmosphère, de l’azur, de la vie... Me tournant alors d’un air piteux vers mon vieux valet : « Giovanni », balbutiais-je : « fidèle Giovanni ! Tu me comprends ; l’âme humaine n’est que caprice et faiblesse ; toi-même, ami maraud, ne te plains-tu pas quelquefois de ton cœur trop sensible ? Ah ! Giovanni, qu’avons-nous fait là ? Où courons-nous ? Quel démon nous chasse de ces lieux ? Eh quoi ! ne trouverons-nous jamais l’abri où reposer nos vieux os de vagabonds ? » ”
