O. V. de L. Milosz

O. V. de L. Milosz

Résumé

Portrait de O. V. de L. Milosz O. V. de L. Milosz L'Amoureuse Initiation (1910)

Toutes choses à l’entour me paraissaient mornes et misérables ; je me sentais prêt à succomber sous l’horrible faix de l’atmosphère, de l’azur, de la vie... Me tournant alors d’un air piteux vers mon vieux valet : « Giovanni », balbutiais-je : « fidèle Giovanni ! Tu me comprends ; l’âme humaine n’est que caprice et faiblesse ; toi-même, ami maraud, ne te plains-tu pas quelquefois de ton cœur trop sensible ? Ah ! Giovanni, qu’avons-nous fait là ? Où courons-nous ? Quel démon nous chasse de ces lieux ? Eh quoi ! ne trouverons-nous jamais l’abri où reposer nos vieux os de vagabonds ? »
Source : Gutenberg

Portrait de O. V. de L. Milosz O. V. de L. Milosz L'Amoureuse Initiation (1910)

Eh ! oui, ce que j’aimais en Benjamin, c’était l’amour dont il avait brûlé ! Je lui savais gré de s’être consumé en tristesses et soucis pour une créature qui, dans mon propre cœur, avait allumé les feux les plus cruels. Dans le fond, y avait-il en tout cela de quoi s’étonner si fort ? La tendresse est plus perspicace que l’expérience du plus sage, et plus féconde qu’une nuit de juin, et plus délicate que l’architecture des hirondelles. Tout est sagesse, mystère et douceur au cœur de la profonde tendresse, de la pure fleur de Dieu sottement souillée par le lâche, le hideux mensonge humain.
Source : Gutenberg

Portrait de O. V. de L. Milosz O. V. de L. Milosz L'Amoureuse Initiation (1910)

L’amour profond est une élévation douloureuse au séjour adorable de la chasteté, de la simplicité et de l’enfance. Le désabusement nous fait perdre le monde et gagner Celui dont le royaume n’est pas de ce monde. L’éveil, en mon cœur, de la foi, de la charité, de l’infinie tendresse pour l’homme me donnait clairement à entendre que le rôle tenu par la Sulmerre dans le drame de ma vie tirait à sa fin. J’aimais d’Annalena ce que nul autre que moi n’en pouvait connaître, ce que pas un ne m’eût pu ravir, ce qu’elle-même jamais sans doute n’avait pénétré.
Source : Gutenberg

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