Valère Gille

Élements biographiques

Portrait de Valère Gille Valère Gille,  La Cithare

“ Extasiait d’amour son cœur tremblant d’esclave.
Jamais lyre plus douce ou flûte plus suave
N’éveillèrent l’écho champêtre des bosquets ;
Et, dans l’heureuse et folle ivresse des banquets,
Où s’épanouissait le luxe de l’Asie,
De ses lèvres coulaient le miel et l’ambroisie.
Spirituel ou tendre, ardent ou gracieux,
Il chanta, tour à tour, Anticlée aux grands yeux,
La verte sauterelle à l’aile harmonieuse,
Et le safran qui croît à l’ombre de l’yeuse.
Terre, salut ! Ô toi, qui gardes plus qu’un roi,
Sois-lui légère : il a pesé si peu sur toi.
”
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Portrait de Valère Gille Valère Gille,  La Cithare

“ Elle meurt sous le poids de son cruel savoir.
Elle sait désormais que le désir l’enchaîne
Aux objets décevants d’un monde inférieur
Qui fuira sous la main ainsi qu’une ombre vaine,
Et tentera les sens sans assouvir le cœur ;
Elle sait le néant du désir qui l’enchaîne.
Et son sein délicat se gonfle de sanglots ;
Elle pleure à jamais le jardin de lumière
Plein de lacs transparents et de roses îlots,
Où s’épanouissait l’innocence première,
Ignorant la douleur, ignorant les sanglots.
Mais non ! ne pleure pas, Psyché, ta sainte faute
”
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Portrait de Valère Gille Valère Gille,  Joie

“ De la terre amoureuse où la vie étincelle ;
Je renaissais dans les oiseaux et dans les fleurs,
Dans les rayons qui font pétiller les couleurs,
Dans tout ce qui frémit, dans tout ce qui s’enflamme,
Et le soleil était le frère de mon âme.
En extase, ravi, mon esprit dilaté
Absorbait l’univers entier dans sa clarté ;
J’étais l’immense voix, j’étais l’écho mystique
De cet universel et sublime cantique
Qui vers les astres d’or roule dans l’infini ;
J’étais l’âme du monde. Elle m’avait souri.
↑ Extrait du recueil Le collier d’Opales (1899) .
”
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