“ Le lendemain, le prince Chéri, fils aîné du roi, allant à la chasse, trouve la mule de Finette; il la fait ramasser, la regarde, en admire la petitesse et la gentillesse, la tourne, la retourne, la baise, la chérit, et l'emporte avec lui. Depuis ce jour-là, il ne mangeait plus; il devenait maigre et changé, jaune comme un coing, triste, abattu. Le roi et la reine, qui l'aimaient éperdument, envoyaient de tous côtés pour avoir de bon gibier et des confitures. C'était pour lui moins que rien; il regardait tout cela sans répondre à la reine quand elle lui parlait. ”
Résumé
"Le Cabinet des Fées", œuvre anonyme de la fin du XVIIe siècle, rassemble des contes mêlant magie, amour et destin royal. À travers des personnages comme le roi, la reine, les princesses Finette et Florine, ou la fée Truitonne, l'œuvre explore les thèmes de la métamorphose, de la vertu et de la recherche de l'âme.
Les récits, riches en symboles (diamants, vêtements, bague), dépeignent des univers où le charme des fées et les caprices des monstres entrelacent les destins humains. L'œuvre, proche des contes de Madame d'Aulnoy, célèbre l'harmonie entre l'humain et le surnaturel.
Citations de Le Cabinet des Fées ()
“ Amour, amour, que l'on te cache difficilement! tu parais partout, sur les lèvres d'un amant, dans ses yeux, au son de sa voix; lorsque l'on aime, le silence, la conversation, la joie ou la tristesse, tout parle de ce qu'on ressent.La reine, impatiente de savoir si le roi Charmant était bien touché, envoya quérir ceux qu'elle avait mis dans sa confidence, et elle passa le reste de la nuit à les questionner. Tout ce qu'ils lui disaient ne servait qu'à confirmer l'opinion où elle était, que le roi aimait Florine. Mais que vous dirai-je de la mélancolie de cette pauvre princesse? ”
“ La fée, à ce récit, commença de croire que la dindonnière était la princesse Joliette; elle lui dit: "Ma fille, apprenez-moi votre nom.--Je m'appelle Joliette, pour vous rendre service," dit-elle. A ce mot, la fée ne douta plus de la vérité; et lui jetant les bras au cou, elle pensa la manger de caresses; puis elle lui dit: "Joliette, je vous connais il y a longtemps, je suis bien aise que vous soyez si sage et si bien apprise; mais je voudrais que vous fussiez plus propre, car vous ressemblez à une petite souillon; prenez les beaux habits que voilà, et vous accommodez." ”
