“ À la suite d’incidents inutiles à raconter, et grâce à une série de hasards, j’ai fini par acquérir la certitude que celui dont la découverte m’intéressait vivait à Paris dans le désordre, et qu’il se faisait appeler Pierre Leduc, ce qui n’est pas son véritable nom. ”
Citations sur “Leduc”
Auguste Gilbert de Voisins,
L'enfant qui prit peur
(1923)
“ Jean Leduc, soldat de 1re classe, sortit du fort et, vite, par un petit chemin de traverse, gagna la grand’route. Il se sentait jeune, il était heureux. Il descendit vers la ville d’un pas rapide, en se balançant un peu, et son ombre se balançait à sa suite. Cela fait une promenade d’aller du Mourillon jusqu’à la place d’Armes de Toulon, une longue promenade, certains jours où l’on a le cœur gros ! la plus belle des courses, quand on est heureux ! Il foulait la poussière blanche sans s’arrêter, sans regarder autour de lui ; il levait seulement la tête, un peu, quand passait un tramway. ”
“ Dans ce drap, il y avait un cadavre, le cadavre de Pierre Leduc. — Pauvre Pierre Leduc, dit Sernine, tu ne sauras jamais ce que tu as perdu en mourant si jeune ! Je t’aurais mené loin, mon bonhomme. Enfin, on se passera de tes services... Allons, Philippe, grimpe sur la table, et toi, Octave, sur la chaise. Soulevez-lui la tête et engagez le nœud coulant. Deux minutes plus tard le corps de Pierre Leduc se balançait au bout de la corde. ”
J. Gillard, Vie de M. Huignard, curé de Saint-Fraimbault-de-Lassay…
“ Nous avons déjà dit que sœur Leduc était souffrante depuis longtemps; mais loin que ses douleurs suffissent à satisfaire son amour pour les croix, elle y ajoutait de fréquentes disciplines et suivait autant qu'il lui était possible la vie mortifiée des Clarisses. A son arrivée dans la nouvelle demeure, ses souffrances augmentèrent rapidement-et bientôt son extrême faiblesse la força de garder le lit. ”
“ Le but est si visible que Weber lui-même l’eût aperçu. Tu mens quand tu dis que tu ne veux pas accepter un rôle que tu ignores. Ce rôle, tu le connais. C’est celui qu’eût joué Pierre Leduc, s’il n’était pas mort. ”
“ L’âme soudain rogue, Marcel Leduc déclara : « Un beau temps pour pendre un homme. C’est dommage qu’il n’y ait pas d’exécution aujourd’hui, on pourrait se distraire. » Omer Deschamps trouva alors le mot de la situation : « Mes vieux, » dit-il, « je paie un coup. » Les deux autres acquiescèrent d’un signe. Ils se rangèrent l’un à la droite et l’autre à la gauche de leur camarade. ”
“ Il réfléchit un moment et s’écria : — Ah ! tant pis ! je marche quand même. Ce n’est pas une raison parce que Pierre Leduc est mort pour que j’abandonne la partie. Au contraire ! Et l’occasion est trop tentante. Pierre Leduc est mort. Vive Pierre Leduc !... Va, docteur. Rentre chez toi. Ce soir je te téléphonerai. Le docteur sortit. — À nous deux, Philippe, dit Sernine au dernier visiteur, un petit homme aux cheveux gris, habillé comme un garçon d’hôtel, mais d’hôtel de dixième ordre. ”
“ Monsieur Kesselbach, tu as chargé Barbareux de découvrir dans les bas-fonds de Paris un homme qui porte, ou a porté, le nom de Pierre Leduc, et dont voici le signalement sommaire : taille, un mètre soixante-quinze, blond, moustaches. Signe particulier : à la suite d’une blessure, l’extrémité du petit doigt de la main gauche a été coupée. En outre, une cicatrice presque effacée à la joue droite. Tu sembles attacher à la découverte de cet homme une importance énorme, comme s’il pouvait en résulter pour toi des avantages considérables. Qui est cet homme ? ”
Antoine Gérin-Lajoie,
Jean Rivard, économiste
“ M. J. B. Leduc, charron, vient d’acheter un lot à environ un mille d’ici. Il veut cultiver, avec ses enfants, en même temps qu’il exercera son métier de charron, quand l’occasion s’en présentera. Nous avons dans notre canton un grand besoin de voitures de toutes sortes, et je suis sûr que M. Leduc aura peine à répondre aux commandes qui lui viendront de tous côtés. M. Leduc me paraît un homme intelligent et fort respectable, et je suis heureux de le voir s’établir au milieu de nous. ”
“ Non, l’enfant fut emmené par le vieux serviteur d’Hermann, qui l’éleva sous le nom de Pierre Leduc. ”
Georges Pradel,
Le Diamant rouge
(1884)
“ Il ne se fâche que rarement, quand la scie devient trop forte. – Père Leduc, s'écrie Cinabre, c'est-y vrai que vous êtes arrivé à la transparence ? – Oui, mon garçon. – C'est-y vrai, père Leduc, que vous prenez un bain dans un canon de fusil ? – Oui, mon garçon. – Père Leduc, vous n'êtes jamais triste, n'est-ce pas ? – Pourquoi ça, mon fils ? – Parce, qu'on dit comme ça, chez les bou. chers, que les os, c'est de la réjouissance. – Voyons, finit par dire Henri, qui pioche son tableau en conscience, laisse le père Leduc tranquille. ”
“ Pierre Leduc est l’appât que vous tendez à l’ennemi. — Et le poisson mord, monsieur le Président. Je viens de recevoir un avis par lequel on a vu tantôt un individu suspect qui rôdait autour de la petite villa que Pierre Leduc occupe sous la protection de mes deux agents secrets. Dans quatre heures, je serai sur les lieux. — Et le troisième atout, Lenormand ? — Monsieur le Président, il est arrivé hier à l’adresse de M. Rudolf Kesselbach une lettre que j’ai interceptée... — Interceptée, vous allez bien. — ... que j’ai ouverte et que j’ai gardée pour moi. La voici. Elle date de deux mois. ”
“ Est-ce que j’ai le temps de faire du sentiment ? Je joue une partie d’échecs, et je pousse mes pièces sans me soucier de ce qu’elles pensent. Quand j’aurai gagné la partie, je m’inquiéterai de savoir si le cavalier Pierre Leduc et la reine Geneviève ont un cœur. ”
Alfred Assollant,
Une Ville de garnison, par Alfred Assollant
(1865)
“ Tel fut le raisonnement de Jean-Sigismond Leduc, raisonnement où le bon se mêlait au pire, mais qui, pour un dragon , n'était pas tout à fait dénué de bon sens. On a dit déjà que le vieux Vernon demeurait dans la même maison que Mme Baleinier, au second étage. Ils étaient réunis tous deux dans le salon de Mme Baleinier quand Sigismond se présenta. Justement le vieillard était ce jour-là d'une humeur charmante. Il revenait de la Bibliothèque, où il avait trouvé la première charte donnée aux moines de l'abbaye de Longueville par le comte Bernhard, qui fut contemporain d'Hugues Capet. ”
“ Le grand air, l’espace, lui firent du bien. Il franchit les murs du parc, et longtemps erra à travers la campagne. Et il parlait à haute voix : — Qu’y a-t-il ? Que se passe-t-il ? Voilà des mois et des mois que, tout en bataillant et en agissant, je fais danser au bout de leurs cordes tous les personnages qui doivent concourir à l’exécution de mes projets ; et, pendant ce temps, j’ai complètement oublié de me pencher sur eux et de regarder ce qui s’agite dans leur cœur et dans leur cerveau. Je ne connais pas Pierre Leduc, je ne connais pas Geneviève, je ne connais pas Dolorès... ”
“ Oui. Quelqu’un se cache ici... quelqu’un rôde par là... Où ? Et qui ? Et dans quel but ? Je ne sais pas... mais je saurai. J’ai déjà des présomptions. De ton côté, ouvre l’œil... veille... et surtout, pas un mot à Mme Kesselbach... Inutile de l’inquiéter... Il s’en alla. Pierre Leduc, interdit, bouleversé, reprit le chemin du château. En route, sur la pelouse, il vit un papier bleu. Il le ramassa. C’était une dépêche, non point chiffonnée comme un papier que l’on jette, mais pliée avec soin – visiblement perdue. Elle était adressée à M. Meauny, nom que portait Lupin à Bruggen. ”
“ Voyons, je résume. Une simple feuille de papier pliée en quatre et dont les plis paraissent tout neufs... Bien... En haut et à droite de cette feuille, ces mots : un mètre soixante-quinze, petit doigt gauche coupé, etc. Oui, c’est le signalement du sieur Pierre Leduc. ”
Ubald Paquin, Les caprices du cœur
“ Il sait flatter le patron. C’est comme cela qu’il est arrivé. — Êtes-vous en vacances, Guérin ? fit la voix de fausset de Leduc. Vous dérangez tout le monde. L’interpellé pencha le nez sur sa copie et s’y absorba sans mot dire. Le gérant fit signe à Noël de passer à son bureau. — Avez-vous l’intention de demeurer longtemps avec nous ? lui dit-il. Lucien Noël grommela quelque chose entre ses dents. Dès ce moment il jura une haine à Leduc, pour avoir profité d’une circonstance aussi banalement insignifiante dans le but unique d’humilier un confrère. ”
Louis Tanon, Histoire des justices des anciennes églises et communautés monastiques de Paris… (1883)
“ Gieffroy d'Atenance, Martin Leduc, Colin Milet et Gautier, son frere, Jehan Maindieu du Pont, Guerardin Cassiau, Marguot Lalongue, Colas le normant, Jehan de Bellay, Guibert le court, Henriet le court, Thomas le court, Aliamain le court, Jehannete, fille Guillaume Noel, et Guodefroy, son frere, Alipson, fille Henry le piquart, Marie la casselle, Guerart d'Arainnes et Allenete, sa fille, Malot, fille Guibert le court, Aales, fille Martin Leduc, et plusieurs autres. — Justicié à Noesy, par l'ordonnance du conseilg. — R. Neveu, maire. ”
Maurice Leblanc,
813 (1910, Le Journal) (1910) paru dans Le Journal…
“ Le Journal — Paris (Roman-feuilleton publié du 5 mars au 24 mai 1910) TABLE DES MATIÈRES (ne fait pas partie de l’ouvrage original) Première PartieChapitre Premier — Un drame dans un grand hôtelI II III IV Chapitre II — M. Lenormand commence ses opérationsI II III IV Chapitre III — Le Prince Sernine à l'ouvrageI II III IV Chapitre IV — Pierre Leduc est mort. Vive Pierre Leduc !I II III Deuxième PartieChapitre Premier — M. Lenormand à l'ouvrage ”
Saint-Germain-Leduc, Le nouvel ami des enfants : dédié au prince royal… (1847)
“ Il y avait un convoi prêt à partir. Cette fois, je ne sais pas comment j'ai fait, je n'ai pas songé une minute à avoir peur. Je n'ai songé qu'à la souffrance de Victor, et à l'inquiétude de ses parents. Monsieur disait bien : « Le courage nous vient pour peu que l'on veuille. » André n'avait pas achevé son récit, que M. d'Ormilly avait déjà pris son chapeau et sa canne. Il dit un mot d'adieu à la grand'maman et il partit. Le reste de la famille loua beaucoup André de ce qu'un sentiment d'humanité lui avait fait dompter sa folle peur. ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ A lui le champ libre pour tuer les rats, les mulots, les perdrix même, s'il le veut. La mère de l'épicier du pays en nourrit un en cage; elle lui a appris une phrase d'avertissement : A la boutique, s'il vous plaît ! — La corneille ou corbine, d'un quart plus petite, est de même strictement vêtue de noir. Elle aussi a été jadis dressée à la fauconnerie. Elle vit en grandes bandes, à la différence du corbeau. — Monsieur, la femme de notre charron en a une qui dit une phrase vraiment belle : Le temps est argent. — La pie est de taille encore inférieure, elle a une queue plus longue et étagée. ”
Saint-Germain-Leduc, Le nouvel ami des enfants : dédié au prince royal… (1847)
“ Madame d'Ormilly se disposait à regagner sa chambre, Gustave lui dit d'un ton très-dolent : « Mais, maman, comme papa reste longtemps dehors ! Je vous assure que si nous ne partons bien vite, nous risquerons de ne pas arriver à temps. Voilà mon cousin Albert parti ; voilà mon oncle Oscar parti, et papa ne rentre pas ! » Madame d'Ormilly repondit à son fils : « Votre père sait mieux que vous ce qu'il convient de faire. Il m'a promis de venir nous chercher quand il serait l'heure de partir. » IV Le départ en voiture. Celui qui est patient se gouverne avec une grande prudence ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ Susceptible de jalousie, il écarte les animaux étrangers, ne craignant ni les chats ni les chiens, dont il sait éviter l'atteinte en s'élevant en l'air, et qu'il harcèle en retombant sur eux et en les frappant à grands coups de bec. Il trouve un plaisir extrême à se faire gratter la tête et le cou. Il connaît, comme le chien, les amis de la maison, et s'empresse à leur faire fête; mais quand certaines personnes lui déplaisent, il les chasse à coups de bec dans les jambes, et les poursuit fort loin avec colère. ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ « Le chevreuil est un charmant animal de pelage gris fauve, à fesses blanches; sans larmiers et presque sans queue. Il y a des individus d'un roux très vif, d'autres noirâtres. M. Toussenel le déclare le plus joli, le plus rapide et le plus délicat de tous nos coureurs. « Il a, dit-il, le doux regard de la gazelle; il ne lui a manqué « pour être chanté par les poètes que d'avoir un nom aussi doux. » Sa venaison est encore plus fine que celle du daim, et il la défend avec plus de rapidité que le cerf, plus de ruses que le lièvre, et une vertu de plus, le sang-froid dans le péril. ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ Le trappiste aime le lapin alerte, qui frappe fort et ferme du talon sur le sol ; la lapine d'humeur un peu sauvage est préférable à celle qui est trop familière, qui a les mœurs très douces. Méfiez-vous de celle qui ne prépare pas à l'avance pour ses petits à naître une couche de duvet arrachée à son ventre. Au bout de quatre ans de service, réformez le mâle et la femelle. ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ Les savants d'aujourd'hui reconnaissent que le loup n'est qu'une simple variété ou race qui a échappé à la domestication. Depuis quelque cinquante ans on en a acquis, dans la ménagerie de notre jardin des Plantes, les preuves les plus complètes, puisque les loups qu'on y conserve, au rapport de M. Boitard et d'autres, s'accouplent très bien avec des chiens, et les métis qui en résultent multiplient soit entre eux, soit accouplés avec des chiens ou des loups. — Le loup, Monsieur, est l'animal le plus féroce. ”
George Sand,
Le Diable aux champs
(1857)
“ Voyez, belle Léda, comme j’ai la barbe bien peignée et comme on m’a tondu les pattes ce matin ! LÉDA. — Il est drôle, ce petit, il m’amuse ! PYRAME. — Léda, vous êtes une coquette ! Vous me disiez tout à l’heure que vous aimiez les grandes dents blanches, et celui-là n’en a plus ; c’est un vieux folâtre. LÉDA. — J’aime les marquis, c’est mon faible ; mon maître est un marquis ! PYRAME. — Vous ne détestez pourtant pas les paysans ! LÉDA. — Mon cher, j’aime à rire et à causer avec tout le monde. Mais où est donc mon maître ? Je l’ai perdu. Il faut que je le cherche. ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ Si je vais dans la demeure d'un pauvre homme qui a sa vache, son âne, sa chèvre et ses lapins, je ne manque jamais de lui dire : Ce que votre vache ne consomme pas et ce que votre chèvre dédaigne, un cochon le mangerait. ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ Moi, Messieurs, je pense, avec M. Boitard, qu'en résumé le chat est d'un caractère timide auprès de l'homme; il devient farouche par poltronnerie , défiant par faiblesse, rusé par nécessité. Il n'est jamais méchant que lorsqu'il est en colère, et jamais en colère que lorsqu'il voit sa vie menacée. ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ C'est justice, dit l'agronome. Sans le secours du chien, comment l'homme aurait-il pu se soumettre l'univers vivant? Il lui a fallu commencer par se créer un partisan parmi les animaux, se concilier par la douceur et les caresses celui qui se montrait le plus susceptible d'affection, le plus capable de s'attacher et d'obéir, et en même temps doué d'assez de force et de courage pour qu'il pût l'opposer aux autres. La brebis, la vache, la jument se laissaient aborder, lui donnaient leur lait ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ Tout dans l'instinct est inné : l'oiseau, l'abeille construisent sans l'avoir appris; ils construisent, maîtrisés par une force constante, irrésistible. Tout dans l'intelligence résulte de l'expérience et de l'instruction; le chien n'obéit que parce qu'il l'a appris. ”
Georges-Étienne Leduc, Poésies. Georges Leduc (1879)
“ Fleur sans parfum, tu nais quand tout dans la nature Subit des froids d'hiver les pénibles rigueurs, Tu ne vois pas nos prés reprendre leur parure, Tu meurs lorsque bientôt naîtront les autres fleurs. ”
Saint-Germain-Leduc, Le nouvel ami des enfants : dédié au prince royal… (1847)
“ Sur le quai de Chaillot, sur le quai de Passy, au pont de Sèvres, à la sortie de Sèvres, partout où la route manque d'arbres, c'était une fournaise. Même dans les autres parties de la route c'a été bien rarement que notre voiture a pu marcher sous un peu d'ombre. Je plaignais nos pauvres chevaux. Le soleil dardait sur eux à plomb. Le cocher les fouettait dès qu'ils faisaient mine de ralentir leur grand trot. C'était un triste spectacle et qui m'a fort affligée. - Quant à nous, dit M. d'Ormilly, nous n'avons trouvé sur le chemin de fer ni secousse, ni chaleur, ni poussière. ”
