Albert Laberge

Albert Laberge

Résumé

Portrait de Albert Laberge Albert Laberge Fin de roman

La garde-malade sortit un moment et revint portant dans ses bras un paquet enveloppé de linge blanc, un paquet à la figure rouge, ridée, grimaçante, aux yeux à demi fermés, qui vagissait faiblement. Luce regarda un instant le petit être sorti d’elle-même, puis détourna la tête, sentant son cœur se briser de désespoir. La garde sortit. À ce moment, elle aurait voulu être morte.
La jeune mère ne revit plus son enfant.
Ses sept jours écoulés à l’hôpital du médecin, elle dut partir. Faible, le cœur endolori, sans courage, meurtrie dans tout son être, elle retourna à sa chambre.
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Portrait de Albert Laberge Albert Laberge Fin de roman

Lorsque la nuit, l’horloge sonne lente et grave dans la maison silencieuse et que quelqu’un est très malade dans une chambre, on se demande si ce n’est pas la voix qui annonce la fin, la dernière heure, le dernier moment. Chaque coup du timbre résonne jusque dans les entrailles. On sent que quelque chose d’inexorable, d’inéluctable, de fatal va se produire.
Cette voix de l’horloge, Mme Frigon l’entendait souvent tinter alors qu’elle s’éveillait et, à chaque fois, elle était prise d’une terreur, d’un affolement sans nom, se demandant si sa sœur ne venait pas de mourir.
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Portrait de Albert Laberge Albert Laberge Fin de roman

Tu sais, je voudrais commencer l’exercice de mon ministère avec une confiance absolue, mais lorsque je pense à toi, à ta vie, il me semble que je suis indigne d’une si haute faveur car j’ai l’impression que je porte un peu le poids de ta faute, moi qui suis ton fils. Tu comprends, ma mission sera d’arracher les pécheurs à leur perdition pour les ramener dans la bonne voie. Or, si je ne parvenais à sauver qu’une seule âme, je voudrais que ce soit la tienne, ma mère, celle-là qui m’est plus chère que toutes les autres.
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