Albert Laberge,
Le destin des hommes
“ Le match était fini. Le grand corps du colosse sur lequel on avait fondé tant d’espoirs était étendu immobile sur le dos en travers de l’arène. Le mineur Brisebois était hors de combat. Dans la foule, c’était une stupeur, un désappointement sans nom. Comme les spectateurs quittaient lentement la salle, l’on entendait un concert d’invectives et d’injures à l’adresse du vaincu : « Grande vache ! Pourri ! Peureux ! C’est pas un boxeur, c’est un mouton ! C’est pas la force, c’est le cœur qui lui manque ! Il a de bien gros poings, mais il doit avoir le cœur d’un poulet. » ”
