Colette Yver,
Grand-mère : roman
(1945)
“ J'ai une vie si douce, si facile en regard de la tienne! Je ne me fatigue guère, va! Ce n'est pas comme toi! —Ah! la gosse, tu sais, ça n'est rien de se crever pour ses enfants! Et il passa un petit souffle d'émotion sur toute la maisonnée réunie dans la cuisine. Grand'Mère, un peu lasse d'avoir couru, avenue Poincaré, avec un poids trop lourd pour son coeur, qui était celui des présents de Christian à Sabine, prit une chaise — ce qu'elle ne faisait jamais en essuyant la vaisselle. Voilà tout le bruit que déclencha à l'impasse le drame, l'ouragan secret qui ravageait l'âme de Sabine. ”
