Résumé

Portrait de Madeleine Vernet Madeleine Vernet Maître Calvet : roman du terroir normand (1937)

La nuit était tombée quand Mme Joly rentra.
— Ton père vient, ma Fernande, il me suit ; il sera là tout à l'heure.
— Mon Dieu, mon Dieu, fit-elle ; il vient, madame Joly ?
— Oui, ma fille, rassure-toi. Le coup a été rude, il a pleuré. Mais à présent, il est calme ; il t'aime, vois-tu, et son affection pour toi est plus forte que tout.
Des pas sur le seuil, et la porte s'ouvre à nouveau. Le garde de Bréval est là.
— Fernande ! dit-il.
— Oh ! papa, papa, pardon, murmure la pauvre fille.
Source : Gallica

Portrait de Madeleine Vernet Madeleine Vernet Maître Calvet : roman du terroir normand (1937)

Les péchés de jeunesse n'entachent pas un homme.
Naturellement, la nouvelle des accordailles se répandit au village. Fernande l'apprit comme les autres et son cœur se serra. C'était l'abandon définitif, le reniement de l'enfant. Le petit Philippe ne connaîtrait jamais l'affection, la protection d'un père.
— Il aura son grand'-père, ma fille, lui dit Mme Joly pour la consoler.
Le visage de Fernande prit une expression douloureuse.
— Oh ! Madame Joly, dit-elle, j'ai grand peur que papa ne voie pas grandir Philippe.
— Que dis-tu là Fernande ? s'exclama la couturière.
Source : Gallica

Portrait de Madeleine Vernet Madeleine Vernet Maître Calvet : roman du terroir normand (1937)

Vous ne voulez pas être plus exigeant que le bon Dieu ?
Le vieux normand eut un long soupir.
— L' bon Dieu, dit-il, c'est l' bon Dieu. Y' fait c' qui veut, lui.
— Allons, ne blasphémez pas, dit le curé, qui sentait venir la détente. Ne vous faites pas plus mauvais que vous n'êtes.
Puis, sentant l'heure venue d'imposer la loi de bonté au paysan muet qui ne savait plus que répondre, l'abbé Joublin se tourna vers l'image du Christ en croix, et, la désignant :
— Devant cette image de la miséricorde, de la pitié, du pardon, père Calvet, je vous demande un serment.
Source : Gallica

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