Albert Laberge,
Visages de la vie et de la mort
“ Alors, dépitée, furieuse de n’avoir pu troquer pour une pièce d’argent la fleur de grâce et de beauté qui, il n’y a qu’un moment encore, était la gloire du jardin ensoleillé, l’aînée des fillettes, d’un geste rageur lança dans l’eau noire, sale, huileuse, la belle rose odorante qu’elle tenait à la main. D’un mouvement imitatif, sa sœur en fit autant. Une vague soulevée par le navire qui se mettait en marche repoussa les deux roses dans l’ombre, sous le quai, parmi les immondes détritus, à côté des blêmes et hideuses végétations lépreuses. ”
