Jean-André Jeannel

Résumé

Jean-André Jeannel L’empoisonneur

La jeune fille, surprise qu’il eût tout à coup renoncé à leur longue habitude de se tutoyer, écoutait ses paroles avec une grande émotion. Gêné par son silence, il hésita un peu, puis reprit :
— J’ai dix-neuf ans, Jeannette ; vous en avez seize. Vous n’avez pas été heureuse jusqu’à présent. Aussi, je voudrais être certain que dans quelques années vous trouviez un mari honnête et bon, ayant non pas une fortune, mais suffisamment d’argent pour vous assurer un foyer confortable et paisible. Si vous ne me croyez pas indigne d’être celui-là, je vous jure de consacrer ma vie à faire votre bonheur.
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Jean-André Jeannel L’empoisonneur

La petite Blanche, bousculée par Noirmont, avait repris connaissance et, voyant qu’il voulait saisir le revolver, avait jeté cet appel d’épouvante, tandis que la brute tentait de la bâillonner de la main ; de sorte que, sans le vouloir, l’enfant, en serrant convulsivement les dents, avait pris au piège un doigt du misérable, lui infligeant une cruelle blessure.
Hector, se débarrassant du vieux par une violente poussée, se jeta sur Noirmont et, sans plus songer à rien, lui fit subir un terrible châtiment, ne le lâchant que lorsqu’il s’aperçut qu’il tenait dans ses mains un homme inconscient.
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Jean-André Jeannel L’empoisonneur

Françoise en fut émue, car elle adorait le pauvre petit être, venu au monde infirme. Toutes deux l’entourèrent de soins si tendres qu’elles purent lui conserver la vie, mais il n’en était pas moins certain que le bébé resterait partiellement paralysé, pendant de longues années à coup sûr, probablement toujours.
Cet enfant fut un lien nouveau entre la femme et la jeune fille, car Jeannette avait alors quatorze ans, et, peu à peu, les bons sentiments reprirent le dessus dans l’âme primitive de la Françoise, âme rustre que la maternité venait d’embellir.
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