Résumé

Georges Duval Le tonnelier : le carnaval parisien (1886)

Joseph jeta un regard autour de lui. L'endroit était désert, la pluie qui cinglait les pavés, le bruit du vent, le grondement des eaux qui s'élevaient toujours eussent empêché d'entendre un cri. Le garçon de cave se tira la barbe, tortilla les cordons de son tablier de cuir, sur lequel la pluie tombait comme sur un tambour et crispa les poings. Il eut peur qu'on ne vînt.
— Ah! murmura-t-il, vous savez que vous commettez une ignominie? Alors vous n'êtes plus un homme?
— J'ai dit mes conventions, répéta M. de Matigny. Annoncez-moi chez votre patron.
Source : Gallica

Georges Duval Le tonnelier : le carnaval parisien (1886)

Je bois à ses deux pères, à Moriceau qui l'a planté, à Joseph qui l'a sauvé. Je bois au bonheur de Blanche et à celui de Paul, ce qui est la même chose, l'un ne pouvant exister sans l'autre. Je bois à notre hôtesse, qu'eût adorée Bacchus. Je bois à Jacques, l'enfant prodigue d'hier, qui a profité de cette fête pour revenir et rester, préférant, sans doute, le vin sec au veau gras. Je bois enfin aux vendangeurs, qui ne pourront jamais apprécier leur œuvre. L'abeille goûte au miel qu'elle butine. Le vendangeur boit rarement le vin qu'il aide à faire.
Source : Gallica

Georges Duval Le tonnelier : le carnaval parisien (1886)

La conversation ne languissait pas, car il savait lui donner tous les tours, la mettre à tous les niveaux. Il avait à la fois cet esprit qui vient du cœur et qui charme et cette gravité qu'ont les jeunes gens qui se sont faits eux-mêmes. A chaque instant, les amis de M. Moriceau et de M. Pavilly vantaient un trait de lui, qu'il avait tenu caché par une réserve le rehaussant encore. Une chose flatta l'amour-propre de Blanche. Elle apprit qu'à l'âge de quinze ans, alors qu'il faisait ses études à l'École de ChâIons, il s'était jeté à l'eau pour sauver un enfant qui se noyait.
Source : Gallica

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