“ La plaignante était une jeune veuve qui avait raconté au juge que Mérou qui avait été son ami, lui avait soutiré, en lui promettant le mariage et en se faisant passer pour aviateur afin de se donner du prestige, de se rendre intéressant, de la conquérir, l’assurance de mille piastres qu’elle avait reçue à la mort de son mari. Après avoir obtenu l’argent, il était disparu. Le journal donnait des détails piquants, savoureux et typiques, qualifiant de faux héros ce garçon qui n’avait pas même été soldat. Mérou avait avoué. ”
Mérou
Définition et enjeux
Citations sur “Mérou”
Edmond Plauchut, Un Royaume disparu, la Birmanie
“ D’après eux, au centre du monde, émerge d’une mer immense un mont mystérieux, le mont Mérou, sorte d’île flottante, sur laquelle sont six sièges occupés par des dévas. Ces dévas sont des êtres purs qui, à la suite d’incessantes méditations, n’ont plus rien d’humain. ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Wishnou, devenu poisson, vainquit le démon, le tua en pleine eau, et reparut sur le fameux mont Mérou, qui est pour les Indiens ce que le Parnasse était pour les Grecs. La seconde métamorphose fit passer l'âme de Wishnou dans le corps d'une tortue. Vamortam, qui est une sorte de lait ou de crème qu'on peut comparer au nectar des divinités grecques, l'amortam était perdu. On savait que, par un ordre suprême, il s'était écoulé dans la mer : la montagne de Mérou — toujours le mont Mérou — fut déracinée et jetée dans l'Océan;. mais son poids énorme abîmait la terre. ”
Louis-Nicolas Bescherelle, La mythologie de tous les temps… (1854)
“ Le Mérou est la demeure de Siva, le feu s'élevant à sa plus haute énergie; il est même identique à Siva ; il s'appelle aussi Souralaïa (demeure du soleil) , et l'Olympe grec signifie tout lumière. Allons plus loin. Les chaînes qui sillonnent le monde en forment la charpente osseuse; elles paraissent soutenir le globe, au sein duquel elles plongent leurs racines immenses ; de leurs flancs s'échappent les grandes eaux qui rendent la terre fertile et productive; aux époques diluviennes, les montagnes même ont servi de refuge aux hommes, qui leur ont dû la vie ”
“ Mais il lui fallait travailler en dépit de tout, travailler quand même puisque Mérou attendait toujours l’emploi qu’il avait « acheté » et qu’elle était obligée de subvenir à ses besoins. Heureusement qu’il l’aimait. Ah ! être aimée, c’est une grande consolation au milieu des tribulations de la vie. Elle qui n’avait jamais connu l’affection de son père ni de sa mère, avait enfin rencontré l’amour qui colore une existence terne et misérable. Un soir, alors qu’il entrait à la chambre de Luce, Mérou annonça : — J’ai reçu aujourd’hui une mauvaise nouvelle. ”
“ Le soir, lorsqu’il arriva, il vint s’asseoir à la table où elle était déjà installée. Son nom était Francis Mérou. « Les camarades m’appellent Frank »,dit-il. Tout en mangeant, ils causèrent longuement. C’est ainsi qu’elle lui parla un peu de sa mère chargée de famille qu’elle était obligée d’aider, de sa sœur Rosalba, qui prenait soin d’une vieille dame, de son père parti on ne savait où. Puis elle dit sa peur de l’avenir, de la vie si dure, si difficile, et elle ajouta que pour se protéger, elle mettait de côté de petites sommes. L’aviateur Mérou l’écoutait avec un vif intérêt. ”
“ Mérou, semblable à Çvetaparvata (la montagne blanche) , l’arbre Mahâçankha né sur la rive de la Sarasvatî, entouré d’une multitude de rishis, et auprès duquel les Yakshas, les Vidhyâdharas, les Rakshasas, dont la force est immense, les Piçâcas à l’énergie démesurée, et les Siddhas (saints) , se tiennent par milliers. Tous, ayant renoncé à leur nourriture habituelle, mangent les fruits de cet arbre. ”
“ Quand ces magnanimes ascètes furent partis, le vénérable, qui tient à sa main l’arc Pinâka, Hara, qui efface tous les péchés, revêtit le déguisement d’un chasseur montagnard, semblable à un arbre d’or, et, grand, resplendissant, comme un autre mont Mérou, armé de son arc superbe et tenant ses flèches pareilles à des serpents, il descendit avec une grande vitesse sur la terre, comme te feu, qui a pris un corps. ”
“ Ceux dont l’excellence native est prouvée par une activité hors ligne, vont s’associer aux autres Esprits qui demeurent par delà le firmament, sphère solide comme son nom l’indique, calotte circulaire qui a la dureté et la couleur transparente de la glace bleue, et qui tourne autour d’une montagne prodigieusement haute, un Mérou situé tout au fond des régions polaires. Les Esprits, qui ont appartenu aux hommes heureux et intelligents par excellence, vont se mêler aux étoiles ; car tous les astres furent des Inoïts. ”
Auguste André,
Catalogue raisonné du Musée d’Archéologie et de Céramique
(1868)
“ Il tient d'une main une pesante massue d'argent, de l'autre un éléphant pour bouclier. Il termina la guerre des Pandavas contre les Koravas, fils de Kourou, par le coup mortel de massue qu'il porta à son adversaire. Dans le champ se voit la représentation bien connue du mont Mérou, dont s'échappe la source du Gange qui se jette dans l'Océan. 32. Génie secondaire qui a nom BAinou, lequel, sonnant de sa corne en forme de trompette, répand une infinité de maux sur la terre. Un adorateur à genoux implore sa pitié. Le paysage représente le Khailaça sur le mont Mérou. ”
Théodore Vibert, La Race sémitique, par Théodore Vibert (1883)
“ Le Mêrou se retrouve aussi dans le Mahâbhârata 4. Et cependant voici ce qu'en dit Burnouf dans son dictionnaire : « Mêru, montagne sacrée et symbolique, située au centre du monde, au nord-ouest de l'Inde ; sa cime est dans le ciel, son milieu sur la terre et sa base dans les enfers ; le Gange en découle au sud, et arrose les trois mondes, à l'est descend la Sila, à l'ouest le C'axu ou Oxus, au nord la Badrasômâ en Tartarie. Le Mêru est l'habitation des dieux, il répond à l'olympe des Grecs et au Borj ou Elbourz des Persans 5. » ”
Le Lalita-Vistara, ou Développement des jeux
“ L’esprit de celui qui porte les signes des qualités et de la bénédiction n’est pas agité, pareil au Mêrou. Pareils à la magie, pareils à des songes, pareils à des nuées, c’est ainsi qu’il regarde les substances. ”
Le Lalita-Vistara, ou Développement des jeux
“ Le Mêrou, roi des montagnes, le meilleur des monts, ne pourrait jamais s’incliner devant le sénevé ; l’Océan, séjour du roi des Nâgas, ne pourrait jamais s’incliner devant (l’eau contenue dans) le pas d’une vache ; la lune et le soleil, qui donnent la lumière, ne pourraient s’incliner devant la mouche luisante ; celui qui, sorti d’une famille qui a la sagesse et le mérite, est rempli de qualités, comment pourrait-il s’incliner devant les divinités ? ”
Joseph-Arthur de Gobineau,
Essai sur l’inégalité des races humaines
“ C’est là que toutes les mythologies ont placé le séjour des dieux. C’est sur la cime nuageuse de l’Olympe, c’est sur le mont Mérou que les Grecs et les Brahmes ont rêvé leurs assemblées divines ; c’est sur le haut du Caucase que Prométhée souffrait le châtiment mystérieux d’un crime plus mystérieux encore ; et, si les hommes avaient commencé par habiter ces hautes retraites, il est peu probable que leur imagination les eût ainsi relevées si fort que de les porter jusque dans le ciel. ”
Le Lalita-Vistara, ou Développement des jeux
“ Il regarde avec un visage riant, avec un œil pareil au pétale du lotus ; il ne regarde les créatures ni avec amour ni avec le sourcil froncé. Le Mêrou serait ébranlé, la mer serait desséchée, le soleil et la lune tomberaient, et celui qui voit les péchés des trois mondes ne tomberait pas au pouvoir des femmes ! Cependant le démon Pâpîyân ayant entendu ce discours, fut accablé du plus grand chagrin et, le cœur triste, abattu, plein de fiel, parla ainsi à ses filles : Eh quoi ! Il n’est pas possible de l’éloigner de Bôdhimanda ? ”
Le Lalita-Vistara, ou Développement des jeux
“ Le Mèrou ainsi que le Soumêrou et les monts Tchakravâlas, de même que toute autre montagne, aux dis points de l’espace, en les touchant de ses mains, il les réduirait en poudre. Quoi de merveilleux en celui qui, dans un corps humain, n’en a pas la substance ? ”
Auguste André,
Catalogue raisonné du Musée d’Archéologie et de Céramique
(1868)
“ On voit le mont Mérou sur lequel s'élève le palais de Khaïlaça avec ses arbres verdoyants; le Gange s'en échappe, se rendant dans l'océan. Au milieu de la verte prairie que ses eaux fertilisent, est assise Bhavani, avec les attributs destructeurs de son époux. Les serpents s'enroulent autour de ses bras et de son cou; le cordon brahmanique, emblème de la chaîne des êtres, pend sur sa poitrine. Elle tient sur un plateau qu'elle porte à sa bouche des têtes humaines, symbole des âmes qu'elle absorbe en son sein pour les relancer de nouveau dans le monde. ”
Alfred Philibert Soupé, Études sur la littérature sanscrite
“ Les austérités d’un saint ont le pouvoir de bouleverser toute la nature : c’est ainsi qu’Agastya, le d’Ilvala, a pu arrêter le mont Vindhya, qui, par jalousie pour le mont Mérou, se gonflait jusqu’à cacher la vue du soleil et de la lune. Maintenant que les Dânavas se sont réfugiés au fond de l’Océan, afin de les atteindre il faudrait que l’Océan fut desséché ; les dieux viennent demander ce service à Agastya, qui aussitôt se rend, en leur compagnie, sur les bords de la mer et l’absorbe d’une gorgée : les démons, étant mis à découvert, sont exterminés par les dieux. ”
Eugène de Mirecourt,
Méry
(1854)
“ Que vous êtes bon, mon poëte, et que vous êtes heureux ! Faire éclore de pareils vers avec quatorze degrés de froid, c’est avoir plus de rayons dans l’âme que le soleil n’en a au ciel. Quel magnifique privilége vous avez là ! Ma femme a pleuré, moi j’ai été touché jusqu’au fond du cœur ; et puis, le soir, j’ai lu vos vers à dona Sol, toute palpitante de son triomphe, et cette ravissante poésie a trouvé moyen de l’émouvoir encore après les acclamations de toute la salle. C’est que quatre vers de vous, Méry, c’est de la gloire. ”
Joseph Méry,
Les damnés de Java. Tome 3
(1862)
“ Je suis Breton, moi, et, si j'aimais la comtesse Aurore, je vous l'avouerais en toute franchise. De quoi diable voulez-vous que nous parlions en mer et dans les ennuis du bord? Parlons femme, il n'y a rien de plus amusant au monde après un abordage. Il y en a même qui mettent l'abordage au second rang. Chacun son goût. — Je suis de ceux-là, moi, dit le comte en tendant la main à Surcouf, je n'ai pas le coeur marin. — A la bonne heure ! répondit Surcouf en serrant la main de Raymond, j'accepte votre coeur tel qu'il est, pourvu que vous le mettiez sur vos lèvres... Voyons ! ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ À portée du lit, sur une table basse, les deux époux virent de grands vases d’or et d’argent précieusement ciselés, des coupes enrichies de pierreries. Assise humblement au pied du lit de César (triste spectacle pour une femme libre) , Méroë vit une jeune et belle esclave, africaine sans doute, car ses vêtements blancs faisaient ressortir davantage encore son teint couleur de cuivre, où brillaient ses grands yeux noirs ; elle les leva lentement sur les deux étrangers, tout en caressant un grand lévrier fauve, étendu à ses côtés ”
Eugène de Mirecourt,
Méry
(1854)
“ Voulez-vous que Méry parle ? approchez la flamme de la mèche et mettez le feu à Méry. Méry partira. Laissez-le aller, ne l’arrêtez plus, et que la conversation soit à la morale, à la littérature, à la politique, aux voyages ; qu’il soit question de Socrate ou de M. Cousin, d’Homère ou de M. Viennet, d’Hérodote ou de M. Cottu, vous aurez la plus merveilleuse improvisation que vous ayez jamais entendue. « Il est savant comme l’était Nodier ; il est poëte comme nous tous ensemble ; il est paresseux comme Figaro, et spirituel... comme Méry. » ”
Joseph Méry,
Les damnés de Java. Tome 3
(1855)
“ Nous sommes reléguées au bout du monde, bien loin de la France; Dieu sait quand finiront les guerres! il faut du courage aux colons et aux créoles, et, quand M. Surcouf parle de ses abordages, il me semble que mon enfant l'écoute déjà dans son berceau. - Comme le mariage l'a formée, ma petite Maria ! dit Aurore à Paul en riant de bonheur. — Bonne mère ! dit Paul. Ma femme passera amazone à la première promotion ; il ne lui manque plus que cela pour vous ressembler. — Taisez-vous, Paul, dit Aurore en frappant sur l'épaule du jeune homme, laissez parler notre ami Surcouf. ”
Eugène de Mirecourt,
Méry
(1854)
“ Allez dire à votre maître que ce siècle est le siècle de Rossini et de Victor Hugo ! De cette époque date la réputation de Méry comme causeur. Jamais on n’a rencontré dans un seul homme une plus grande facilité de langage, un tour plus délicat d’expressions, un jeu de physionomie plus original, une spontanéité d’esprit plus étincelante. La conversation de Méry est un feu d’artifice qui éclate, pétille, rayonne sans cesse et ne s’éteint jamais. Depuis vingt ans, on se le dispute dans les salons, dans les fêtes, dans toutes les réunions artistiques, sans qu’il ait rien perdu de sa verve. ”
Charles Mérouvel,
Angèle Méraud
“ Tout ce que tu fais nous intéresse. Tu es le seul reste de la tribu, notre héritière à madame Pivent et à moi. Les Méraud en bloc n'ont pas eu d'autre enfant que toi, et c'est dommage, car ils ne seraient pas mal tournés, s'ils t'avaient ressemblé. Nous avons donc le droit de savoir quel chemin tu veux suivre.—Soit. Je n'ai rien à vous cacher, mon cousin. Et puis je suis franche comme de l'osier, moi. Je veux prendre un chemin semé de violettes et de gardenias. Je n'imagine pas que le dernier mot du bien-être soit de moisir à son banc comme ma tante du matin au soir. ”
Joseph Méry,
Les damnés de Java. Tome 3
(1862)
“ Il frappa sur l'épaule du comte et lui dit : — Vous ne m'avez jamais vu prendre un marchand à l'abordage ? — Jamais, capitaine, répondit Raymond d'un ton sec. — Eh bien, vous allez le voir ! — J'aimerais mieux le voir dans un autre moment, je ne vous le cache pas, dit le comte. — Ah! monsieur le comte de Clavières, reprit Surcouf, vous n'êtes pas raisonnable : le Breton n'est pas une gabare de transport au service d'un seul passager ; le Breton est un soldat qui fait son devoir et ne peut pas se déranger par excès de complaisance. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Alors, confiante en elle-même et dans l’arme qu’elle tenait, elle attendit... se rappelant le proverbe gaulois : — Celui-là qui tient sa propre mort dans sa main... n’a rien à redouter que des dieux !... À ce moment la toile qui s’était fendue dans toute sa longueur s’entr’ouvrit sur un fond d’épaisses ténèbres, et Méroë vit apparaître la jeune esclave maure, enveloppée de ses vêtements blancs. ”
Joseph Méry,
Les damnés de Java. Tome 3
(1862)
“ Cette idée eut une prompte réussite : du milieu d'un épais massif de tamarins et de gazons, une forme humaine se leva et marcha lentement vers la porte de l'enclos. Le chien se mit en arrêt de chasse, le maître jeta son épée et ouvrit. C'était une femme. — Seule ! dit Raymond en joignant les mains. — Seule ! répondit une voix émue qui sortait du coeur et non des lèvres. Le gentilhomme de Versailles arrondit gracieusement son bras droit, l'offrit à l'étrangère, referma la porte, dit quelques paroles obligeantes au gardien Asthon, et prit le chemin de la cabane. ”
Charles Mérouvel,
Angèle Méraud
(1883)
“ Il y a une jeune fille chez les Méraud ? — Oui, une beauté véritable. Une de ces têtes saisissantes qui plaisent tant aux hommes. Pâle, avec une abondance de cheveux qui lui fait comme une auréole dorée. — Je ne sais pas, répéta Maurice. Si jolie que cela ? Tu exagères. Une parente, sans doute. Je ne l'ai pas aperçue. — Elle sort peu, mais le jour de l'assemblée, elle se promenait dans la foule. Chazolles secoua la tête. - Tiens I il faudra que je la voie, dit-il. - Est-ce qu'elle va rester dans le pays? demanda Hélène. - Je ne le suppose pas. Qu'y ferait-elle? Est-elle élégante? ”
Joseph Méry,
Les damnés de Java. Tome 3
(1862)
“ Le comte Raymond fit un sourire charmant, et déployant un vaste foulard, il en couvrit un escabeau de bois, et s'assit à l'ombre d'une voile. — Ah! reprit Surcouf, vous voulez jouer au plus fin? Eh bien! je vais vous battre... Écoutez... nous faisons voile pour Kalima. Le comte fit un effort pour dissimuler son émotion. — Voilà, poursuivit Surcouf, voilà la réponse à la demande que le diplomate Raymond ne m'a pas faite... Allons! cher comte, avouez que vous êtes battu. ”
