Résumé

Edmond Plauchut Un Royaume disparu, la Birmanie

Dans un pays où le mépris des richesses est une vertu et tenu en honneur, rien n’est plus aisé que de se contenter de peu. Et, de fait, il n’y a pas de pauvres dans cette région fortunée, et ceux que l’on voit mendier dans les villes et les campagnes ont parfois de grandes fortunes. Les Anglais appellent les Birmans les Irlandais de l’est, parce que le Birman est toujours content, prêt à rire, à jouer, toujours disposé comme l’Irlandais à se faire casser la tête, pourvu que lui-même en casse une autre ou quelque chose.
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Edmond Plauchut Un Royaume disparu, la Birmanie

Le renoncement aux richesses est une des vertus les plus honorées en Birmanie, et les femmes s’agenouillent lorsqu’un moine mendiant et loqueteux se trouve sur leur passage. Si grande est cette vénération qu’on se sert d’un langage spécial et dont on n’userait même pas pour le souverain, lorsqu’on s’entretient des actions les plus simples, les plus naturelles d’un brahmine, telles que celles de manger, boire, dormir. La personne du grand-prêtre est tellement sacrée qu’aucune loi civile ne peut l’atteindre.
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« Non ! » le sage Mendoûme-Men souriait, sachant dès lors qu’une tête humaine avait été tranchée. De ce qui précède, il ne faudrait pas conclure que la vertu seule fleurisse en Birmanie. Beaucoup d’hommes s’adonnent au vice de l’opium et puisent dans les rêves qu’il procure des sensations avilissantes. Les femmes, grâce aux lois qui les protègent, font, de leur côté, un trafic du mariage. Elles épousent des Chinois riches qu’elles abandonnent dès que ceux-ci ont dépensé pour leur plaire jusqu’à leur dernière roupie.
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