Comte de Warren

Résumé

Comte de Warren Revue des Deux Mondes

Qu’on ne s’y trompe pas ; ce qui rayonne encore dans ces lointaines contrées, c’est plus l’éclat mourant des temps passés que l’œuvre d’une splendeur nouvelle. L’Inde n’est plus le pays des trésors et des richesses, mais un domaine épuisé que l’Angleterre livre aux jeunes fils de ses grandes familles patriciennes. Bien qu’elle ait changé de rôle, la compagnie est restée marchande ; aussi rien ne peut lui être plus fatal que l’humeur conquérante d’un gouverneur-général.
Avec tout cela, les Anglais peuvent-ils croire qu’ils soient aimés de leurs sujets asiatiques.
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Comte de Warren Revue des Deux Mondes

Ce n’est pas de ceux qui frappent avec le glaive, mais de ceux qui font mourir sous les guirlandes de fleurs, qu’il faut se défier. Est-il une ironie plus cruelle que de soutenir un trône, de ramener à la vie une dynastie expirante, parce qu’on n’est pas prêt à recueillir son héritage ? Voulez-vous savoir pourquoi la compagnie, si désintéressée, se plaint de temps en temps d’être obligée d’ajouter à son territoire un empire qui se donne à elle, comme le cerf, pour se sauver de la meute, se livrerait au chasseur ?
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Comte de Warren Revue des Deux Mondes

On le met à la tête des indigènes pour les entraîner, pour leur donner l’élan. Chaque fois que les cipayes vont au feu, la première charge coûte la vie à plus d’un des officiers européens qui les commandent ; moutons dociles, il leur faut le bélier dont ils suivent les pas. Souvent aussi on les voit, ébranlés par une résistance inattendue, battre précipitamment en retraite, abandonner dans la mêlée l’officier qui s’est jeté en avant ; le remords, la honte, leur arrachent des larmes, mais le fusil échappe de leurs mains : ils sont terrifiés.
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